Ce chiffre peut paraître anodin, mais il s’agit du pourcentage d’intentions de vote pour J. M le Pen à l’élection présidentielle. L’an dernier, à la même heure il était de moitié.

Malgré toutes les réserves que j’ai sur les sondages, ce dernier traduit une progression indéniable des idées de Le Pen dans la société. J’y vois trois raisons principales.

  • La première est dûe au fait que l'électorat du Front National a été décomplexé depuis le 21 avril 2002.
  • La seconde est le fait que la droite et la gauche sont inefficaces ce qui se traduit par le vote antisystème.
  • La dernière est le langage que pratique la droite, et notamment Sarkozy, avec des phrases telles que : «la France tu l’aimes ou tu la quittes » qui font progresser les idées extrémistes.

A mon avis, notre part de responsabilité vient du fait que trop longtemps, nous avons blâmé les électeurs frontistes en les cataloguant comme de gros fascistes. Nous devons sortir de ce discours limité et facile, il faut pousser le Front National à s’exprimer sur des thèmes qui ne soient plus l’insécurité et l’immigration.

Par ailleurs, employons nous à demander pourquoi et comment J.M le Pen défend une vision ultra-libérale, communautariste et antirépublicaine de la société. Par exemple sur l’éducation, la fin de la scolarisation précoce privilégiant l’éducation par la mère au foyer, la suppression de l’IUFM, de même que l’éradication des langues vivantes au primaire.
Sur le plan social, la réduction drastique des cotisations sociales ainsi que la mise en concurrence des caisses d’assurance-maladie avec les assurances privées.
Sur l’Europe la fin de l’euro, ce qui est complètement démagogue.
En économie suppression de l’impôt sur le revenu, réduction des prélèvements obligatoires qui sont la principale source de notre service publique.

Enfin vient la question de la représentation du Front National. Je suis partisan de l’introduction d’une dose de proportionnelle pour sortir Le Pen de son rôle de victime. Cette introduction devra amener de nombreuses réflexions comme la quantité du pourcentage, à quelle assemblée doit elle s’appliquer. Seulement le Sénat ? En tous cas je suis pour le principe de la « représentativité limitée » des partis extrémistes au sein des assemblées. Après, sur les modalités, le débat est ouvert.

Voilà à mon sens les clés du combat contre l’extrême droite.

Thibaut, secrétaire général du Mouvement des Jeunes Socialistes 06