«Les voyageurs sont à bout de nerfs», selon Jean-Claude Delarue, président de la Fédération des usagers des transports publics.
Voilà commence un article du Libération du jour. Mais pourquoi sont-ils à bout de nerfs ? Une nouvelle grève qui les prendrait en otage, selon l'expression démogogique préférée de la Droite qui confond lutte sociale et terrorisme ? Ne faudrait-il pas mettre en place le service minimum pour empêcher les salariés de la SNCF de pratiquer leur jeu favori, à savoir empêcher la France qui se lève tôt d'aller travailler ?

Et bien non, si les voyageurs sont à bout de nerfs, c'est bien à cause des pannes, incidents techniques et annulations qui touchent les lignes de banlieue. C'est bien à cause d'un service de piêtre qualité. Forcément, l'entretien des lignes de banlieue n'est pas la priorité de la SNCF qui tire ces budgets pour améloirer sa rentabilité. Il faut bien attirer les futurs actionnaires pour le moment où la Droite privatisera le transport de passager !

Mais cette politique de préparation de la privatisation n'est-elle pas au coeur d'une bonne part des conflits sociaux qui agitent parfois la SNCF ? La défense d'un réel service public du transport n'est-elle pas finalement l'intérêt d'usagers de la SNCF ? Ont-ils réellement intérêt à voir apparaître ce service minimum qui n'est qu'une entrave au droit de grève ?

Une autre remarque de ce Mr Delarue (qu'on ne peut suspecter de gauchisme invétéré) est assez intéressante dans ce débat : Nous avons pu constater que le nombre de jours de grève a diminué depuis dix ans en France.

C'est dire que la véritable utilité du service minimum n'est d'améliorer le service rendu aux usagers, mais de casser les résistances à la privatisation que la Droite veut nous imposer.