En fait, la droite assimile notre assurance-maladie solidaire à une assurance classique – pour une habitation, une voiture… – dont la vocation est d’engendrer du profit. De plus, avancer cette “solution” des franchises comme remède à un soi-disant gaspillage, c’est méconnaître la situation réelle de l’assurance maladie, puisque chaque année, plus de 20 % des assurés ne consomment déjà aucun soin ni médicament. C’est également négliger le fait que 70 % de la dépense totale sont dus aux 10 % des patients les plus gravement malades et à qui on ne peut décemment pas demander de moins se soigner.

Résolument opposée aux franchises médicales, je suis déterminée à conforter l’assurance-maladie solidaire dans la concertation et le souci de rétablir l’égalité d’accès aux soins, puisque d’ores et déjà, 13 % de nos concitoyens renoncent à se soigner pour des raisons financières.

Cela passe, certes, par une plus grande responsabilisation. Cette responsabilisation ne doit toutefois pas être le fait des seuls assurés, mais de l’ensemble des acteurs de l’assurance-maladie : Etat, professions de santé…

L’égalité d’accès à la santé passe également par la résorption des inégalités territoriales. C’est pourquoi il serait judicieux d’implanter, dans les zones déficitaires, des maisons de santé adossées à des établissements hospitaliers et favorisant le rapprochement des filières de l’hôpital, de la médecine de ville et du tissu médico-social. Ces services de proximité auront l’avantage de répondre au défi de la démographie médicale par la mutualisation des moyens logistiques et l’adaptation à la demande croissante de conditions de travail facilitées émanant du corps médical. Des bourses d’études incitatives et des aides à l’installation à plusieurs seront attribuées aux médecins libéraux acceptant de s’installer dans les zones aujourd’hui désertées.

L’égalité d’accès aux soins doit également se matérialiser par de véritables sanctions à l’encontre des praticiens qui refusent de plus en plus souvent celles et ceux qui bénéficient de la CMU (Couverture maladie universelle) ou de l’AME (Aide médicale de l’Etat). On ne doit pas introduire ainsi une médecine à deux vitesses. De la même manière, je crois nécessaire la réforme de ce système qui facilite aujourd’hui les dépassements d’honoraires médicaux, dont le montant atteint 2 milliards d’euros chaque année.