Fallait pas croire ceux qui disaient qu'ouvrir les telecoms à la concurrence allait "servir les consommateurs". L'abonnement à une ligne fixe France Telecom passe de 15 à 16 euros TTC par mois. Ainsi, entre le printemps 2005 et l'été 2007, l'abonnement a augmenté de trois euros. Cette nouvelle hausse concerne près de 25 millions de foyers français et devrait rapporter 140 millions d'euros à l'opérateur historique cette année.

Peut être que cela aidera à démolir les mensonges de ceux qui pérorent encore que l'ouverture à la concurrence d'EdF et GdF va faire baisser les prix pour les particuliers. Ca n'a pas été le cas pour les entreprises car l'énergie est un marché particulier. Un marché encore plus spécifique que les télécoms qui n'est déjà pas bien compatible avec la concurrence. La raison ? Les monopoles locaux induits par une infrastructure très lourde à installer. C'est vrai pour les télécoms, c'est incontournable pour l'énergie.

Le seul marché des télécoms qui s'en sort bien grace à la concurrence, c'est l'Internet haut-débit par ADSL (on a en France les tarifs les plus bas de la planète, 3 fois moins cher qu'aux USA par exemple, pour un service très haut de gamme en général).
Comment est-ce possible ? Il y a d'abord eu un effort de régulation important qui fait que les infrastructures lourdes ont été payées par l'argent public. Soit qu'elles aient été installées avant la privatisation, soit que leur coût ait été amortie par des subventions.
Il y a par ailleurs une spécificité technique des télécoms qui permet de mutualiser ces infrastructures entre opérateurs concurrents. Cela casse complètement les monopoles locaux et il y a suffisament d'acteurs qui n'ont pas besoin de rentabiliser une infrastructure titanesque (comme pour les réseaux GSM/3G par exemple) pour qu'une compétition agressive sur le rapport qualité/prix se mette en oeuvre. Il y a pourtant toujours une discrimination entre citoyen selon la rentabilité du territoire où ils habitent. Certains ont accès à un service très haut de gamme, d'autre ont 5 ans de retard.

Dans le cas de l'énergie, on pourrait imaginer là encore que l'argent public finance les investissements lourds pour permettre aux opérateurs privés de se gaver à moindre coût. Ca serait déjà assez limite comme idée, mais en plus ça ne marcherait pas avec l'énergie. En effet là, impossibile de partager l'infrastructure entre opérateurs. On remplacerait donc un monopole national administré et performant par un ensemble de monopoles locaux avec moins de règles. Les premiers perdants seront les citoyens pour qui une énergie de qualité est bien plus essentielle qu'un accès haut débit.

Le pouvoir d'achat des Français est déjà suffisament mis en danger pour ne pas avoir besoin de subir en plus une hausse du coût de l'énergie supérieure à celle due à la flambée du pétrole.