Le transport routier, catastrophe écologique et économique
Par Hervé, mardi 17 juillet 2007 à 07:26 :: Environnement :: #166 :: rss
Trouvé au hasard de balades numériques, un reportage donne quelques arguments peu employés contre le transport routier. Sur le site TV Link Europe vous pourrez trouver un résumé et le script du reportage.
On dit souvent que le transport routier de marchandise est bien moins respectueux de l'environnement que le transport ferroviaire, fluvial ou maritime. C'est une réalité et la survie de notre planète a beau être un sujet qui devient majeur dans toutes les têtes, la dynamique n'est pas à un comportement plus éco-compatible : en 2010 le nombre de camion sur les routes devrait avoir augmenté de 50% par rapport au niveau de 1998 ! Il faut dire que 44% des marchandises sont transportées par la route.
Ce qu'on dit moins souvent, c'est la logique économique voudrait elle aussi qu'on intervienne pour réduire ce mode de transport.
Il y a bien sûr le carburant qui flambe et augmente les coûts du transport routier, mais ça n'est pas la bonne raison car il ne représente actuellement que 5% du prix des marchandises. Par ailleurs, le mode même de gestion de la production, fondée sur les flux et non sur les stocks, incite les industriels à opter pour des transports rapides et flexibles comme le camion, même s'il est plus cher, pour économiser sur des coûts d'infrastructure (gestion des stocks) et exploiter la mondialisation : les délocalisations économiques induisent une production distribuée sur plusieurs sites géographiquement très distants pour optimiser les coûts de main d'oeuvre et la fiscalité.
Il ne faut donc pas s'attendre à un effet de marché pour changer cet état de fait, l'intervention politique et la régulation publiques sont nécessaires.
Plus que nécessaire, elle est économiquement légitime. Deux exemples frappants.
- Chaque jour plus de 10% du réseau routier européen est bloqué par les embouteillages, principalement à cause d'une saturation en camions. Cela représente un coût de 0,5% du PIB européen ! Si on laisse ce secteur se développer naturellement, ce sera 1% du PIB en 2010.
- Les transporteurs routiers ne paient pas le coût réel de leur utilisation des infrastructures routières. En effet, la dégradation des routes produites par un véhicule est proportionnelle à son poids élevé à la puissance 4 (désolé pour les maths). De manière plus imagée, le passage d'un seul camion use autant la route que 100 000 voitures ! Le montant des péages payés par les camions sur les autoroutes ne correspond en rien à cette constatation, les impôts locaux des entreprises de transports payés aux collectivités qui entretiennent les routes non plus. Ce sont donc les citoyens qui supportent le surcoût du transport routier dans leurs taxes (mais aussi dans le coût économique et social des délocalisations, dans le surcoût des marchandises dû à une production distribuée géographiquement, etc.).
Il est donc légitime, économiquement efficace, et environnementalement nécessaire d'agir pour revenir à un mode de gestion impliquant moins de transport, mais ce ne pourra se faire sans intervention publique.
Pourquoi ne pas commencer, par exemple, à taxer le transport routier en fonction de la distance à parcourrir et du poids des engins ? Pollueurs et destructeurs, camion et 4x4 n'auraient qu'à bien se tenir...

Information niçoise
Trackbacks
Aucun trackback.
Les trackbacks pour ce billet sont fermés.