Dassault, propriétaire du Figaro mais aussi sénateur UMP et proche de Sarkozy est un habitué des déclarations sur la presse révélant assez bien sa conception de la "liberté".
Il y a quelques temps, il déclarait qu'il fallait réformer les écoles de journalistes pour arrêter de leur enseigner n'importe quoi. Aujourd'hui, on sait plus clairement ce qu'il aimerait leur voir apprendre : la docilité. "Il y a une chose que les journalistes oublient, c'est que quand quelqu'un met de l'argent (dans un journal) ce n'est quand même pas pour laisser faire n'importe quoi" a déclaré ce grand démocrate !

Encore plus clair : "Le propriétaire comme l'actionnaire a quand même le droit d'avoir un regard sur ce qui se passe, ne serait-ce que sur sa rentabilité et sur son orientation politique". S'il y en a qui doutait encore que derrière la possession par Dassault, Lagardère et Bouygues de la quasi-totalité des médias en France, il y a une réelle volonté politique, il serait temps qu'ils se réveillent.

Rappelons encore une fois que un des plus proches collaborateurs de Sarkozy pendant sa campagne a été nommé à la tête des programmes de TF1, que le directeur d'Europe 1 appelle Sarkozy, encore lui, pour lui demander "conseil" pour nommer un journaliste politique, qu'une des seules émissions critiques quant aux médias a été déprogrammée malgré son succès (Arrêt sur Images sur France 5), et que France Inter nettoie sa grille des émissions jugées trop subversives (La bande à Bono).
Rappelons enfin, comme l'illustration de ce billet, que la France, pays des lumières, est 35e sur 168 dans le classemant de Reporter sans Frontière sur la liberté de la presse. Bel exemple !

La presse peut être un contre-pouvoir garant de la démocratie quand elle est pluraliste et indépendante comme dans les pays anglo-saxon (où tout n'est pas satisfaisant même de ce point de vue).
C'est par contre un formidable outil d'installation d'une égémonie culturelle et politique quand elle est concentrée entre quelques mains sans scrupule.