Le temps des procureurs
Par Stéphane, samedi 18 août 2007 à 19:11 :: En campagne :: #186 :: rss
Excellent article paru dans le Monde daté 17 août de Michel Noblecourt à propos des livres parus ou à paraître écrits par les lieutenants des rivaux de Ségolène Royale et visant celle-ci :
"Quand on analyse une défaite, la critique est salutaire si elle ne se limite pas au ressentiment politique ou à l'aversion personnelle. Bien des erreurs de Mme Royal ont été justement pointées : ses improvisations, ses maladresses ou ses gaffes, son dédain du PS et son mépris des éléphants, sa désorganisation, sa solitude et surtout son impréparation. Mais elle a aussi, même si sa méthode était brouillonne et ses concepts flous, renouvelé le débat politique, bousculé des tabous et commencé à rafraîchir l'idéologie socialiste."
"Aujourd'hui, ces 17 millions de voix de Ségolène Royal encombrent. Ils ne permettent pas de solder l'aventure ségoléniste et ils gênent l'inventaire de cette troisième défaite présidentielle d'affilée. Pour s'en affranchir, les procureurs avancent un autre argument : ses électeurs n'ont pas fait un vote d'adhésion mais un vote de rejet de M. Sarkozy. Si les sondages attestent un tel comportement, la gauche devrait s'interroger pour savoir quand ses victoires ont été dues à la seule adhésion à son projet. En 1981 ? François Mitterrand a aussi été élu sur un rejet de Valéry Giscard d'Estaing, sanctionné faute d'avoir vaincu le chômage. En 1988 ? Jacques Chirac a été battu à cause de l'ultralibéralisme qu'il incarnait alors. En 1997 ? Le PS a gagné à la suite du mouvement social de 1995 et de l'impopularité d'Alain Juppé. Les erreurs personnelles d'une candidate ne sauraient occulter les fautes collectives."
Information niçoise
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