Les mesures fiscales, particulièrement choquantes, de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (TEPA) ont été justement dénoncées par le Parti Socialiste, et notamment sur ce blog. Il s’agit notamment du crédit d’impôt sur le revenu au titre des intérêts d’emprunts pour la résidence principale, l’exonération des droits de succession, le renforcement du bouclier fiscal. Je ne reviendrai pas dessus.

Je souhaite vous présenter un article particulier (article 17) de cette loi qui a eu un très faible écho médiatique, les médias se consacrant au thème populiste des mesures fiscales, et qui me semble en revanche aller dans le bon sens.

Il s’agit de la « moralisation » des parachutes dorés. La loi prévoit tant l’instauration d’un critère de fond déterminant – de telles rémunérations devraient être liées à des conditions de performance – qu’un renforcement de la transparence et du contrôle des actionnaires dans les procédures d’octroi de telles rémunération.

Suite au licenciement de Daniel Bernard par la société Carrefour en mai 2005 accompagné d’un golden parachute de 38 millions d’euros (2462 ans de salaires au SMIC) qui avait provoqué un trouble dans l’opinion publique, la loi Breton du 26 juillet 2005 avait, d’une part, renforcé les obligations de transparence et, d’autre part, fait entrer ces éléments particuliers de rémunération dans le champ des conventions réglementées qui font l’objet d’une approbation des actionnaires en assemblée générale.

Néanmoins, l’intégration de ces éléments de rémunération dans le champ des conventions réglementées n’a pas encore porté ses fruits dans la mesure où les résolutions présentées aux assemblées générales sont très rarement individualisées. Malgré ce premier pas, le contrôle des parachutes dorés était donc encore insuffisant.

La nouvelle loi impose dorénavant non seulement une résolution séparée pour chaque bénéficiaire d’une rémunération différée mais aussi subordonne le versement d’une rémunération différée au respect de conditions de performance.

Etre de gauche dans l’opposition c’est savoir aller au-delà d’une attitude strictement partisane, c’est savoir critiquer et dénoncer quand il le faut les lois tendant à accentuer les inégalités sociales ou réduisant le pacte social de la société, mais c’est aussi savoir se féliciter des lois allant dans le bon sens. C’est le cas ici sur le durcissement du contrôle des parachutes dorés.