Bruit : le Maire se trompe de cible

Consterné !

Je ne peux que regretter la décision inopportune de la mairie de fermer les terrasses des cafés et des pubs à partir de 00H30.

Faut-il rappeler que plus de 40% de notre économie provient de l'industrie du tourisme ?

Que dire aux milliers de touristes qui viennent du monde entier lorsqu'ils constatent avec dépit qu'après minuit à Nice plus rien ne se passe et que, de surcroit, les transports en commun de nuit (noctambus) sont largement insuffisants et non sécurisés ?

Cette nouvelle règlementation concerne avant tout les cafetiers et les pubs du vieux-Nice qui est le cœur de l'activité touristique nocturne dans notre ville. Si l'on peut comprendre de telles mesures pour le reste de la ville, dans le vieux-Nice c'est incompréhensible !

J'engage les élus qui ont prit cette décision absurde et contre-productive à prendre exemple sur toutes les grande villes touristiques françaises et européennes : peut-on sérieusement imaginer la même mesure à Barcelone, Florence ou Paris ?

Depuis plusieurs conseils municipaux, je n'ai eu de cesse de stigmatiser le bruit des deux roues avec des pots d'échappement modifiés pour aller plus vite qui, eux, réveillent des milliers de riverains en toute impunité, sans que la mairie ne daigne réagir de manière appropriée.

Encore une fois, la Mairie se trompe de cible et, par sa décision, stigmatise et pénalise les cafetiers et les touristes qui sont pourtant au cœur de l'économie de notre ville.

Yann Librati
Conseiller municipal de la ville de Nice

La Bourse trahit les entreprises

Une excellente tribune publiée dans Le Monde par Jean-Bernard Schmidt, partenaire-associé chez Sofinnova Partners, société de capital-risque, autrement dit, pas vraiment un gauchiste !

L'intégralité de la tribune est reproduite dans le billet (cliquez sur "lire la suite") mais voici quelques extraits particulièrement intéressants.

La Bourse sert-elle notre économie ? (...) Les entreprises cotées sur Euronext Paris ont levé en 2006 un total de 37,5 milliards d'euros. Les entreprises du seul CAC 40 (un sous-ensemble d'Euronext) ont rendu à leurs actionnaires 39 milliards d'euros, soit un déficit de 1,5 milliard d'euros (...)

Les entreprises ne sont plus financées, au contraire, elles s'appauvrissent.(...) La durée moyenne de détention d'actions par les fonds mutuels américains est tombée à dix mois en 2005, un record historique (...)

Clairement, nous sommes dans une déviation du système : on ne peut indéfiniment gagner de l'argent vite et sans risque. Le système se corrigera de lui-même, comme il l'a fait dans le passé. La question est de savoir quand, et à quel prix pour notre économie.(...)

Que faire pour que la Bourse retrouve son rôle moteur de l'économie ? (...)
Agir sur la fiscalité. (...) Mais la vraie mesure fiscale à prendre est de taxer les hedge funds et les fonds de LBO. A quel titre peut-on justifier aujourd'hui une exonération d'imposition sur les plus-values et que les intérêts de la dette d'acquisition soient fiscalement déductibles, tout cela conduisant à une surprime de rentabilité qui fausse la concurrence ? En établissant une imposition normale, on fait un acte d'équité en même temps que l'on rétablit les conditions d'un arbitrage sain entre le court terme et le long terme, on réhabilite le long terme.(...)


C'est un acteur des fonds de capital risque qui le dit !
Cette idée est présente à gauche depuis de longues années. La droite et, soyons honnête, une partie de la gauche tenante d'un certain libéralisme social, a toujours conspué l'envie de d'agir sérieusement sur la spéculation financière.
Pourtant, impératif d'égalité sociale, mais aussi levier pour dégager des marges de manoeuvres considérables pour l'action publique, une fiscalité intelligente des marchés financier apparaît chaque jour un peu plus come un outil de régulation économique et de stratégie de développement indispensable.

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Le temps des procureurs

Excellent article paru dans le Monde daté 17 août de Michel Noblecourt à propos des livres parus ou à paraître écrits par les lieutenants des rivaux de Ségolène Royale et visant celle-ci :

Le temps des procureurs

"Quand on analyse une défaite, la critique est salutaire si elle ne se limite pas au ressentiment politique ou à l'aversion personnelle. Bien des erreurs de Mme Royal ont été justement pointées : ses improvisations, ses maladresses ou ses gaffes, son dédain du PS et son mépris des éléphants, sa désorganisation, sa solitude et surtout son impréparation. Mais elle a aussi, même si sa méthode était brouillonne et ses concepts flous, renouvelé le débat politique, bousculé des tabous et commencé à rafraîchir l'idéologie socialiste."

"Aujourd'hui, ces 17 millions de voix de Ségolène Royal encombrent. Ils ne permettent pas de solder l'aventure ségoléniste et ils gênent l'inventaire de cette troisième défaite présidentielle d'affilée. Pour s'en affranchir, les procureurs avancent un autre argument : ses électeurs n'ont pas fait un vote d'adhésion mais un vote de rejet de M. Sarkozy. Si les sondages attestent un tel comportement, la gauche devrait s'interroger pour savoir quand ses victoires ont été dues à la seule adhésion à son projet. En 1981 ? François Mitterrand a aussi été élu sur un rejet de Valéry Giscard d'Estaing, sanctionné faute d'avoir vaincu le chômage. En 1988 ? Jacques Chirac a été battu à cause de l'ultralibéralisme qu'il incarnait alors. En 1997 ? Le PS a gagné à la suite du mouvement social de 1995 et de l'impopularité d'Alain Juppé. Les erreurs personnelles d'une candidate ne sauraient occulter les fautes collectives."

La liberté de la presse vue (de loin) par la Droite

Dassault, propriétaire du Figaro mais aussi sénateur UMP et proche de Sarkozy est un habitué des déclarations sur la presse révélant assez bien sa conception de la "liberté".
Il y a quelques temps, il déclarait qu'il fallait réformer les écoles de journalistes pour arrêter de leur enseigner n'importe quoi. Aujourd'hui, on sait plus clairement ce qu'il aimerait leur voir apprendre : la docilité. "Il y a une chose que les journalistes oublient, c'est que quand quelqu'un met de l'argent (dans un journal) ce n'est quand même pas pour laisser faire n'importe quoi" a déclaré ce grand démocrate !

Encore plus clair : "Le propriétaire comme l'actionnaire a quand même le droit d'avoir un regard sur ce qui se passe, ne serait-ce que sur sa rentabilité et sur son orientation politique". S'il y en a qui doutait encore que derrière la possession par Dassault, Lagardère et Bouygues de la quasi-totalité des médias en France, il y a une réelle volonté politique, il serait temps qu'ils se réveillent.

Rappelons encore une fois que un des plus proches collaborateurs de Sarkozy pendant sa campagne a été nommé à la tête des programmes de TF1, que le directeur d'Europe 1 appelle Sarkozy, encore lui, pour lui demander "conseil" pour nommer un journaliste politique, qu'une des seules émissions critiques quant aux médias a été déprogrammée malgré son succès (Arrêt sur Images sur France 5), et que France Inter nettoie sa grille des émissions jugées trop subversives (La bande à Bono).
Rappelons enfin, comme l'illustration de ce billet, que la France, pays des lumières, est 35e sur 168 dans le classemant de Reporter sans Frontière sur la liberté de la presse. Bel exemple !

La presse peut être un contre-pouvoir garant de la démocratie quand elle est pluraliste et indépendante comme dans les pays anglo-saxon (où tout n'est pas satisfaisant même de ce point de vue).
C'est par contre un formidable outil d'installation d'une égémonie culturelle et politique quand elle est concentrée entre quelques mains sans scrupule.

Banques centrales

Les doléances sur les politiques des Banques centrales sont nombreuses. Ces institutions se moquent du chômage, de la paupérisation du plus grand nombre. Leurs recommandations sont toujours identiques: il faut contenir les salaires et faire travailler plus. Leur seul crédo (c’est du moins ce qu’elles disent): le soutien à leurs monnaies et donc la lutte contre l’inflation..

Et puis..! Il suffit de la défaillance d’un certain nombre d’institutions spéculatives, de fonds d’investissement pourris qui ont trop spéculé sur la hausse de l’immobilier aux USA, qui se sont abondamment goinfrés lorsque le marché était à la hausse et qui, maintenant ne peuvent plus rembourser l’argent qu’ils ont, à ces fins, emprunté aux banques, leur refilant souvent aussi, par la même occasion ces créances douteuses,… Ce qui casse la confiance des prêteurs. Il a suffi de ces défaillances pour que nos banques centrales sortent de leur splendide crédo et injectent des milliards d’€, de $ et de yens pour que les valeurs financières et les Bourses (c’est à dire les fortunes des actionnaires) cessent de chuter. Voir sur le thème l’analyse sur Rue 89 .

Pour la seule journée de jeudi, la BCE a injecté sur le marché financier près de 100 milliards d’€, la Réserve Fédérale américaine s’est contentée de 17,4 tandis que la Banque centrale du Japon y est allée de 6,2 milliards d’€ (Le Monde ). Vendredi, la BCE y est allée encore pour 61 milliards d’€ (Le Monde ). Et au diable l’inflation!

En Europe, ce sont les banques allemandes qui ont abondamment spéculé sur l’immobilier américain qui pleurent maintenant et, dès lors, la BCE vole à leur secours. Qu’il est dommage que cette même institution ne fasse pas preuve de la même sollicitude lorsque ce sont les salariés et les chômeurs qui sont en difficulté.

Nous touchons à une autre des caractéristiques des logiques financières: privatiser les profits et socialiser ou étatiser les pertes. Si possible en faisant en même temps baisser les impôts des plus riches afin que ce soient au maximum les autres qui épongent.



Ecrit par Jean-François et pris sur Le blog à JeF.