"Voilà 7 ans que ces communes auraient du mettre aux normes leur système de traitement des eaux usées. Au lieu de cela, c'est un émissaire, terme on ne peut plus élégant pour évoquer un gros tuyau qui, de la pointe du Cap Martin ou du Cap Ferrat, déverse excréments, eaux de lessive et autres graisses à 500 m du rivage sur 100 m de fond. Pis (...) la canalisation métallique de Saint Jean Cap Ferrat a eu le temps depuis qu'elle est installée de "rouiller, fuir de partout et même de se boucher en son extrémité" (dixit un technicien) A chaque fois des plongeurs sont envoyés pour colmater les brèches. Jusqu'à ce qu'en 2003, l'ensemble s'éventre sur 8 m à 100 m des côtes. "la mer est bonne fille" assure un ingénieur. Loin des plages et grâce aux courants; tout se dilue: les eaux de baignade sont sauvées. Mais la patiente de l'Etat a ses limites, celle de l'Europe aussi.

Les travaux vont se dérouler en deux temps. Un premier chantier déjà engagé, permet la réfection de l'émissaire du Cap Ferrat. Enterré sur les 100 premiers mètres, "le tuyau ne sera pas soumis à la houle" explique Marc LAFAURIE chargé de l'environnement à la CANCA. Il va permettre d'attendre les très gros travaux de raccordement sur Nice, qui calendrier électoral oblige, ne débuteront qu'après les municipales de 2008. Un chantier titanesque de quelques 30 millions d'euros: il s'agit de construire un conduit de plusieurs km sous la route de la corniche. Construite en bout de la Promenade des anglais, la station d'épuration "Haliotis" a largement la capacité de traiter les eaux sales des communes voisines. Deux immenses bacs de rétention construits l'an dernier lui permettent également de traiter les eaux pluviales. C'est aujourd'hui le nouvel enjeu pour toutes les agglomérations (...).

Après des années d'atermoiements (commentaire personnel...et si, comme partout en France, l'intercommunalité avait fonctionné correctement dans ce département!) Roquebrune Cap Martin a décidé de construire sa propre station d'épuration à échéance 2010. L'Etat qui prend a sa charge une partie des travaux via les agences de l'eau, s'est fait menaçant. Sa participation au projet, qui est de 30% en 2007 (autre commentaire personnel: il semblerait tout de même que l'environnement ne soit pas vraiment une priorité de l'Etat....nouveau transfert massif vers les collectivités territoriales), diminuera de 5% par an ensuite. La carotte et le bâton. Jusqu'à présent l'Etat n'a rien trouver de mieux pour contraindre les communes".