La France est-elle en faillite ?

C'est le titre du débat à l'ordre du jour du Question d'actu sur LCI le 24 septembre 2007, en réaction à la sortie de François Fillon.
Les participants sont

  • Benoît Hamon, député européen et porte parole du Parti Socialiste
  • Elie Cohen, économiste
  • Dominque Paillé, secrétaire général adjoint de l’UMP
  • Eric Heyer, économiste à l’OFCE.
La vidéo est en deux parties.

  • Première partie
  • Deuxième partie

Justice sociale et protection collective

Sale temps pour la sécurité sociale. Le déficit abyssal de l'organisme n'est pas réellement en cause, il est sciemment construit par la Droite au pouvoir depuis 6 ans pour lui permettre d'affirmer sans qu'aucun journaliste ne s'offusque ce que Sarkozy a sorti il y a quelques jours : notre modèle social serait "infinançable". Conséquence logique, qu'il s'agisse des régimes spéciaux et, Sarko n'a pas attendu que ce point soit réglé, de la retraite de chacun, ou des nouveaux risques liés à la dépendance, il faudrait développer les assurances individuelles et faire reculer le périmètre des mécanismes publiques de protection.

A ce titre, il n'est pas inutile de rejeter un oeil à cette note décrivant l'historique de la création de la sécurité sociale et des positions de gauche et de droite.

Il est important pour la gauche de ne pas se laisser enfermer dans le débat tel que l'aborde la droite. Bien évidemment, les régimes spéciaux ne sont pas à l'image de l'idéal socialiste et une réforme de la retraite doit être envisagée. Ceci étant dit, tout nous sépare de la droite, dans l'approche, l'étendue et le contenu des réformes que nous souhaitons.

  • Premier mensonge de la droite : par sa communication elle tend à faire croire que les régimes spéciaux sont une cause décisive dans le déficit de la sécu. C'est faux et archi faux. Si certains régimes sont déficitaires, d'autres sont excédentaires et financent le régime général. Par ailleurs, le bilan global des régimes spéciaux est une goutte d'eau dans l'océan des retraites.
  • Deuxième mensonge : les régimes spéciaux seraient des régimes privilégiés. Là encore c'est faux. Bien sûr il s'agit souvent d'un départ anticipé à la retraite par rapport au régime général. Mais la retraite n'est pas un état social qui tombe du ciel, c'est en termes un peu technique, un salaire différé. Cela veut dire que si on touche aux retraites, c'est l'ensemble de la carrière que l'on doit revoir ou sinon il faut appeler un chat un chat : on prélève encore de l'argent à ceux qui émargent à ces régimes. Et, puisqu'on parle de privilège, la part de ceux qui sont dans un régime spécial et bénéficieront du paquet fiscal de Sarkozy, qu'il s'agisse du bouclier à 50% ou des ristournes sur les droits de succession, est ultra-minime. Les gaziers/électriciens (tiens, un régime excédentaire) ou les cheminots ne sont pas riches en général.
  • Troisième mensonge, le plus gros peut être : avec le vieillissement de la population on ne peut plus financer les retraites actuelles, c'est trop cher. Faux et archi faux. Chaque année, la France produit une certaine quantité de richesses, c'est le PIB. Une partie de cette richesse va à la rémunération du travail via les salaires, le reste va à la rémunération du capital. Si la répartition capital/travail de cette richesse produite était au niveau des années 80, ce serait plus de 200 milliards d'euros qui iraient au salaire en plus. Soit bien plus de 3000€ par an à chaque Français, enfants inclus ! Cet argent là va, à la place, au capital, et plus précisément aux actionnaires qui se gavent en hurlant toujours plus qu'ils n'en ont pas assez. Le problème ? C'est que le capital est très peu taxé et, notamment, finance très peu la sécurité sociale, retraites incluses, tandis que le salaire, via les cotisations sociales patronales et salariales, cotise à plus de 50%. Résultat, si la répartition était celle des années 80, le fameux "trou de la sécu" n'existerait pas, on parlerait peut être même de la montagne de la sécu et on pourrait s'occuper de nos anciens et de nos malades décemment au lieu de les renvoyer à des assurances privées que seuls les plus aisés pourront se payer.

Une dernière pour la route, une comparaison avec le système de santé, la branche principale de la sécurité sociale à côté des retraites. Aux USA où tout est privé, ou presque, les dépenses de santés sont bien plus importantes qu'en France, pour un résultat piteux : espérance de vie moyenne inférieures, fortes inégalités sociales et raciales, etc. Tout ça pourquoi ? Pour que le lobby de la santé (laboratoires pharmaceutiques et assurances privées) se gavent et fassent des profits colossaux sur le dos des petites gens.

Sarkozy veut importer ça en France. Ne le laissons pas faire et ayons un discours global sur la protection sociale publique, son financement, et son unversalité. C'est un immense facteur de justice sociale, d'égalité, de bien être individuelle et d'efficacité économique collective.

Overdose !!!

Certains politologues ont analysé la stratégie de Sarkozy qui consiste à occuper les médias en permanence, en bougeant sur tous les fronts en même temps, afin de créer un tel bruit qu'aucune réflexion et critique ne puisse être posée : le temps qu'elle soit formulée, "l'actualité" sera déjà à un autre sujet. Et, le pire, c'est que ça marche ! Effectivement, il est aidé par pas mal de ses amis proches (Lagardère, Bouygues, Dassault, pour ne citer que ceux qui contrôle 80% des médias français), mais il faut lui reconnaître une suractivité et une dextérité impressionnante dans la communication.

Exemple frappant ce soir de promotion Sarkoziste à la télé (sur TF1 ET France 2, excusez du peu) : sur le site du nouvelobs en ligne, dans la section politique de "toutes les dépêches", entre 20h33 et 22h49 17 dépêches sont tombées, toutes citent Sarkozy dans leur titre ! Hors Sarko, il ne se passe rien, il n'y a plus de France, il y a Sarkozy !
Et ça fuse, quota d'immigration, fichage ADN des immigrés, une critique par le PCF, allègement de "charges" aux entreprises, conflit avec Trichet (le président de la BCE), Sarko qui "veut de la croissance", affaire de la Lybie, suppression du référendum obligatoire pour les adhésions de nouveaux pays à l'UE, rapports avec Fillon, un petit compliment à Ségolène Royal, pédagogie des réformes, etc, etc. On étouffe, on suffoque, on est écrasé par l'omniprésence du personnage sur tous les sujets ... et on finit par oublier l'essentiel.

Car tout se termine par la cerise sur le gateau, l'explication de cette stratégie : il n'excluerait pas de se représenter en 2012 ! En fait, il est déjà en campagne. Quelle surprise n'est-ce pas ? Un journaliste a même cru devoir relayer ça comme si c'était une information pertinente. Et peut être même que demain, des commentateurs probablement avisés vont se focaliser là dessus. Et en attendant, on aura oublié d'avoir un débat de fond sur le fichage génétique des immigrés pour respecter des quota par pays, dans une France qui vend sous le manteau la technologie nucléaire à un dictateur lybien et refuse de s'en expliquer, décrète la croissance et veut supprimer le peu de démocratie qui reste dans l'Union Européenne.

La stratégie de la droite pour opposer les Français les uns contre les autres ? Oubliée.
La démagogie et l'injustice de faire porter la responsabilité des déficits de la sécu aux régimes spéciaux ? Oubliées.
La volonté Sarkozienne de supprimer à terme le fonctionnariat hors des ministères régaliens (police, justice, armée) ? Oubliée.

Mais tout ce bruit, toute cette agitation, il reste des journalistes pour appeler ça de l'information !

Pour moi, ça n'est qu'une overdose.

Ca se passe comme ça...même sous Sarkozy!!

Tout le monde se souvient de la face tuméfiée de "papy Voise", ce vieillard de la banlieue d'Orléans roué de coups par de jeunes délinquants : son pauvre visage n'avait pas cessé de passer sur les écrans de télévisions peu avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Mais personne n'a vu ni mêmee entendu parler du visage de cette femme de 51 ans - fossette écrasée, plancher orbital cassé - violentée le 25 juillet dernier, dans la région de Melun, par cinq voyous, dont un mineur de 17 ans. Biens d'autres cas illustrent cette inégalité entre victimes, dont le destin médiatique varie, selon les époques, entre surexposition et indifférence. En témoignent les dépêches de l'AFP et les brèves du Parisien...depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, nombre de drames sont restés dans l'ombre.

Le 11 Mai : A Roubaix, dans le Nord, deux mineurs de 13 et 15 ans brûlent une femme de 50 ans en jetant un coktail Molotov dans sa maison.

Le 25 Mai : Un jeune homme de 25 ans est arrêté après avoir tiré de son immeuble dans la cour d'une école à l'heure de la récréation ave un fusil paintball. A son domicile, les policiers trouvent un fusil à pompe et une arme de guerre.

Le 19 juin : Intervenant lors du cambriolage d'une crèche municipale de Stains (93), un policier frappé de 12 coups de couteau dans le dos et l'abdomen, et ne doit son salut qu'à son gilet pare-balles.

Le 20 juin : L'arrestation d'un dealer entraîne des heurts violents dans la cité de Grande-Borne(91). Un policier est grièvement blessé.

Le 22 juin : Poursuivi par quatre hommes pendant la fête de la musique à Bordeaux, un père de famille marocain de 30 ans est tué de 9 coups de couteau.

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Yoyo

Fallait pas, Lionel, dire en 2002 que le projet n'était pas socialiste.
Fallait pas, Lionel, nous laisser seul au soir du 21 et quitter le bateau en pleine tempête.
Fallait pas, Lionel, revenir pour nous faire la morale.
Fallait pas, Lionel, coucher sur le papier l'aigreur du retraité…
Vraiment, mais vraiment, il fallait pas jouer la starlette de la rentrée….