L'action publique sur le parc de logements privés

La loi DALO (Droit au Logement Opposable) a remis sur le devant de la scène, l'importance du rôle du parc de logements privés dans les politiques locales de l'habitat.

En effet, pour se donner les moyens de rendre effective la loi sur le droit au logement opposable, l'Etat, les Communautés d'Agglomérations et les collectivités locales devront mettre tous les moyens en œuvre pour améliorer et augmenter l'offre de logement social dans le parc public mais devront également intervenir sur le parc privé.

L'objectif est de permettre une large mobilisation de logements locatifs privés en faveur de l'accueil des ménages relevant du droit opposable afin de palier les insuffisances de l'offre disponible dans le parc social et de prendre en compte l'exigence de mixité sociale.

En 2003 le Conseil Général des Alpes Maritimes a lancé une opération de lutte contre les logements vacants en aidant les propriétaires de logements vacants à financer les travaux de réhabilitation, les subventions pouvant atteindre jusqu'à 95% du coût des travaux, sous certaines conditions. En contrepartie, les logements doivent être loués pendant 9 ans à des ménages aux revenus modestes et les loyers doivent être modérés. Près de 600 logements à loyers maîtrisés ont été financés fin août 2007. Devant ces résultats intéressants, les partenaires ont décidé de reconduire l'opération.

Néanmoins, on peut regretter que les loyers pratiqués restent encore à des niveaux élevés alors que les subventions sont très importantes. Dans certains secteurs de la zone littorale, le plafond de loyer dit "intermédiaire", fixé à 10,60 € / m², est très proche du marché locatif libre. Dans ces conditions, les revenus des locataires éligibles ne leur permettent pas toujours l'accès aux garanties de loyer du LOGIAM.
Dans le logement social, pour lequel le loyer est fixé à 8,80 €/m², certains ménages relevant de ce secteur ne bénéficient pas d'un montant d'APL assez important pour être véritablement solvables.
Enfin, on peut également s'interroger sur le devenir de ces logements une fois l'engagement de 9 ans terminé. Ces logements qui ont bénéficié d'investissements importants de la part de la collectivité retomberont pour la plupart dans le parc privé libre.

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Ne pas confondre, justice et thérapie

Un interview de Robet Badinter, paru dans le monde daté 9 septembre 2007 intitulé Ne pas confondre, justice et thérapie.

Après le paquet fiscal consistant à faire des cadeaux à une petite minorité et à les faire payer par une majorité car il faudra bien que le déficit de l'Etat ainsi accru soit à son tour financé, la politique pénale de Nicolas Sarkozy doit être dénoncée avec la même fermeté.

Mais le paquet fiscal et les nouvelles propositions en matière de justice pénale illustrent la difficulté de l'opposition. En effet en ce qui concerne le paquet fiscal, comment dénoncer efficacement des mesures qui suppriment des impôts particulièrement impopulaires auprès d'une large majorité de la population ? En ce qui concerne la justice pénale, l'intrumentalisation compassionnelle des faits divers rend également la critique difficilement audible. Qui serait contre se mettre du côté des victimes ?

Quelques extraits:

"Mais au nom de la souffrance des victimes, qui appelle toute la solidarité de toute la société, nous ne devons pas altérer le difficile équilibre de la justice pénale qui repose sur les principes du procès équitable inscrit dans la Convention européenne des droits de l'homme."

"On est entré dans un système où la loi devient un mode de communication politique. Mieux vaudrait s'assurer de sa mise en oeuvre."

Robert Badinter a une autorité intellectuelle qui force le respect.

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L'extrême droite en Europe

On en parle peu, voire plus, mais l'Europe est malheureusement toujours gangrénée par le fascisme et l'extrême droite, sous des formes variées.

Cet été, un léger buzz a eu lieu autour des neo-nazis russes et leur violence extrême. On parle sporadiquement de l'imprégnation des groupuscules d'extrême droite chez les supporters de foot, que ce soit à Paris, aux Pays Bas, ou ... à Nice (et oui !). De temps à autre, on entend parler d'une "percée" d'une formation d'extrême droite en Belgique ou aux Pays Bas.

Pourtant l'extrême droite européenne est bien plus implantée que cela, et elle progresse ! Il y a quelques années, l'Europe entière s'était émue de la participation des neo-nazis au gouvernement autrichien, à la limite de se demander si l'Autriche pouvait rester dans l'Union. Beaucoup de bruit médiatique, de controverses, ... puis les médias sont passés à autre chose et Heider est resté au pouvoir et a même été réélu sans que cela ne révolte qui que ce soit.

Aujourd'hui, l'Autriche n'est plus un cas isolé. Les neo-fascistes étaient au côté de Berlusconi en Italie, en Belgique et aux Pays Bas plusieurs pouvoir locaux sont menacés à chaque élection. Mais c'est dans les pays de l'Est que la situation est particulièrement préoccupante pour la démocratie et les droits de l'Homme, le pays le plus emblématique étant la Pologne.

En Pologne, déjà, ce sont deux frères jumeaux qui assument la présidence et la direction du gouvernement, les frères Kaczynski, que Le Monde daté du 7 septembre qualifie pudiquement de "très conservateurs". Ils sont, en fait, issus d'un parti ultra-catholique et nationaliste, et coutumiers de provocations antisémites, fascistes et anti-démocratiques.

Dernier épisode en date : ils ont mis leur véto à la création de la "journée européenne contre la peine de mort", proposant qu'il s'agisse plutôt d'une "journée de défense de la vie, qui condamnerait à la fois la peine de mort, l'avortement et l'euthanasie". Le Monde rappelle qu'en août 2006, ils avaient déjà tenté de faire modifier la Convention européenne des droits de l'homme, qui interdit aux 47 Etats membres du Conseil de l'Europe de pratiquer la peine de mort.

La banalisation des idées d'extrême droite qui a permi à Sarkozy de tenir le discours inique qui était le sien pendant la campagne est-elle si forte que personne ne se révolte ? Combien de temps l'Europe supportera cette situation sans broncher ? Faudra-t-il attendre que les bruits de botte soient trop fort pour qu'on réagisse ?

Assemblée Générale de rentrée à Carros

Voici quelques vidéos prises tant bien que mal lors de l'assemblée générale de rentrée de la fédérétion qui a eu lieu hier à Carros.
La qualité, notamment du son, est ce qu'il a pu être fait de mieux vue la configuration de la salle. Par contre, mea culpa pour la coupure du discours de notre premier secrétaire fédéral Patrick Allemand, carte mémoire saturée...





La faiblesse syndicale, drame national français

Un très intéressant article de JM VITTORI concernant la démocratie sociale dans notre beau pays.


La pièce va se jouer à partir de vendredi. Elle s'annonce riche en rebondissements, en portes claquées, en coups de théâtre aussi. Sa distribution est connue - archiconnue même : mise en scène de Nicolas Sarkozy, éclairages par Raymond Soubie, rôles principaux pour François Fillon, Bernard Thibaut, Xavier Bertrand, François Chérèque, Laurence Parisot, Jean-Claude Mailly, sans compter d'innombrables rôles secondaires. Elle a même un titre : « Dialogue social » et un sous-titre : « Le marché du travail ». Tout s'annonce donc pour le mieux... sauf que la plupart des acteurs manquent de corps, de coffre, de soutien. Bien sûr, le chef de l'Etat a de la voix - il en a même eu plus de 18 millions en mai dernier. Le Premier ministre, lui, peut se prévaloir des 321 députés UMP. Chez les autres, la réalité n'est guère brillante, au-delà des discours et des effets de manches. Un mot résume le plus clairement leur situation : faiblesse. Le problème, c'est que, pour mener un dialogue, il faut être au moins deux. En France, en matière sociale, il y a l'Etat d'un côté et un paysage émietté de l'autre. C'est un drame dont nous n'avons pas fini de payer la facture.

Du côté des syndicats, les chiffres sont accablants. Il n'y a que 8 % de salariés syndiqués, trois fois moins que la moyenne européenne et pratiquement dix fois moins que dans les pays scandinaves. Dans le secteur privé, la syndicalisation est encore plus faible : elle touche un actif sur vingt. Aucune centrale française n'atteint le million d'adhérents. La CFDT pointe en tête avec 800.000 adhérents, suivie de la CGT, qui en déclare 700.000, et FO, 300.000. Alors que les deux allemands IG Metall et Ver.di dépassent tous deux 2 millions de membres, l'italienne CGIL 4 millions et le TUC britannique, 8 millions.

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