Fausse modernité et vraie paresse idéologique
Par Hervé, mercredi 31 octobre 2007 à 09:46 :: Débats :: #243
Par Delphine MAYRARGUE membre du CN du PS
La question communément posée ces temps-ci à la gauche, y compris en son sein, est comment ne plus être de gauche ou moins à gauche ? Naguère il y avait l’autocritique, aujourd’hui, nous avons affaire à l’autodénigrement. C’est pratique pour la droite, la confrontation intellectuelle et les batailles idéologiques ne sont plus à mener.
Nous sommes ainsi propulsés dans l’ère de la paresse politique. Dans ces conditions, pas de surprise, les scénarii se dessinent clairement : une gauche atone, auto-bâillonnée parce qu’ayant abdiqué, un glissement à droite de l’ensemble de la vie démocratique, le débat ne portant plus que sur des ajustements comptables et moraux à la marge, voir une radicalisation de la droite populiste et néolibérale, laissant libre l’espace d’une droite modérée, orléaniste, qui semble si bien convenir à une frange de la gauche.
Les cartes culturelles et idéologiques ont été rebattues, être moderne c’est être de droite, réformer c’est libéraliser, s’adapter c’est courber l’échine devant la logique purement financière. Prenons deux exemples dans lesquels le vocabulaire et les mots choisis parlent d’eux-mêmes. (...)
Qu'on nous explique qu'avec 6 000 euros, Sarkozy se trouve diminué face à celui de FIllon, l'emploi fictif le mieux payé de France, c'est déjà discutable. Certes Sarkozy ne gagne "que" 101 000 euros annuel contre 240 000 pour le premier ministre, mais mettre le salaire en avant comme mesure de l'importance d'un poste c'est très Sarkozien mais peu glorieux. Qu'en est-il donc de l'engagement au service de son pays ? Du prestige de servir la République ?
Information niçoise