Le retard Français en matière d'environnement est pointé dans un article d'Alternative Economique du mois d'octobre, alors que le gouvernement prépare son Grenelle de l'environnement.

En effet, comparée aux autres pays européens, la France apparaît très mal placée, que ce soit dans le domaine de l'énergie, de l'urbanisme ou de l'agriculture.

En matière de politique énergétique, le choix Français du tout nucléaire dans les années 70 a permis de limiter les émissions de gaz à effet de serre. En revanche ce choix a joué un rôle majeur dans le retard pris en matière d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables.

Aujourd'hui, un logement français consomme en moyenne davantage d'énergie qu'un logement danois, malgré la différence de climat !

Par ailleurs, la France est le seul pays, où la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d'énergie a baissé entre 1990 et 2004.

Dans le domaine de l'urbanisme, deux caractéristiques principales spécifiquement Françaises sont particulièrement désastreuses pour l'environnement :

  • L'étalement urbain : les Français consomment deux fois plus d'espace que les italiens ou les espagnols
  • Le développement des centres commerciaux en périphérie des villes.

Elles ont pour conséquence le recours accru à la voiture individuelle et son omniprésence.

En matière de politique agricole, le choix d'un modèle de production intensive a fait de la France, le champion de l'usage de pesticides et de produits chimiques, avec ses conséquences en terme de pollutions des nappes phréatiques, parallèlement à leur assèchement progressif. Aujourd'hui, les teneurs en nitrates des nappes phréatiques de la Bretagne excèdent constamment les limites autorisées par l'UE.

Les excès de l'usage de produits chimiques combinés aux émissions de dioxines d'usines d'incinérations de déchets et de métaux lourds, qui sont émis en plus grande quantité que chez nos voisins, sont à rapprocher d'une autre spécificité française : le nombre élevé de cancers. Même si le lien cancer – environnement est difficile à établir.

On observe malgré tout quelques avancées notamment en matière d'émission de dioxines et de consommation de carburant des voitures neuves, mais l'essentiel est fait sous la pression de directives européennes. La Commission a même utilisé à plusieurs reprises la menace de sanctions lourdes pour obliger la France à appliquer les décisions prises au niveau communautaire.

C'est sur les bases de ce tableau sombre que va se tenir le Grenelle de l'Environnement, qui rassemblera représentant de l'Etat, Collectivités locales, industriels, syndicalistes, responsables d'ONG, pour tenter de redéfinir de façon négociée les politiques publiques en matière d'écologie.

La tache s'annonce délicate tant les comportements des individus, même au plus haut niveau de responsabilité sont incompréhensibles. On se souvient du voyage entrepris en avion en septembre dernier par JL BORLOO, ministre de l'écologie et du développement durable. Il a effectué ce voyage aérien accompagné de 40 parlementaires, climatologues et journalistes jusqu'au fjord d'Ilulissat au Groënland pour observer et prendre la mesure du réchauffement climatique. Le coût de cette prise de conscience a coûté à notre planète l'émission de 65 tonnes de CO² supplémentaires émises dans l'atmosphère !

On espère que ce Grenelle de l'environnement, qui relève d'une promesse électorale de M. Sarkozy sous la pression d'organisation en faveur de l'écologie, ne s'arrêtera pas à un nouveau diagnostic de l'état de l'environnement et à la mise en œuvre de quelques mesures éparpillées car l'enjeu pour nous est considérable.

Il s'agit de reconstruire complètement les bases de notre développement économique, mais également d'assurer la cohérence des choix politiques. Une des mesures préconisées est la limitation de la vitesse des voitures, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Pour être cohérent, il faudra alors arrêter de construire des autoroutes et de produire des voitures qui roulent toujours plus vite. La question environnementale ne doit pas être cantonnée au sein d'un ministère de l'écologie, mais être au centre d'un nouveau modèle de développement économique et social.