EADS, l'exemple d'un capitalisme immoral
Par Hervé, jeudi 4 octobre 2007 à 18:27 :: Débats :: #221 :: rss
EADS, c'est l'histoire d'un scandale politico-financier en train de se révéler. Mais c'est surtout l'illustration de toute l'immoralité dont peuvent faire preuve les grands dirigeants du système capitaliste actuel. C'est l'histoire de grands patrons qui se cooptent entre eux dans les conseils d'administrations et qui, face à une gestion désastreuse (souvenez vous les retards de l'A380), se couvrent entre eux et se gavent d'argent. Ces questions sont l'objet de débats à l'Assemblée Nationale, en vidéo vous pouvez voir la question posée par Henri Emmanuelli au gouvernement.
Les parachutes dorés dont on a déjà parlé sur ce blog et que Sarkozy dénonce à corps et à cri dans sa démagogie quotidienne ont été autorisé par les ministres de l'économie et des finances des gouvernements Raffarin et Villepin auxquels Sarkozy a participé. C'est plus Thierry Breton qui était en service à l'époque, mais quand Sarko est passé à Bercy, on ne se souvient pas l'avoir entendu hurler au scandale.
Les stock-options, dont on sait maintenant que leur régime fiscal est un des facteurs principaux du trou de la sécurité social, sont une incitation à la fraude et au délit d'initié comme il semble que ce soit le cas dans EADS.
Mais derrière, comme le rappelle JeF dans un excellent billet sur son blog, ce qui est le plus révoltant, c'est que ces gens là qui vivent essentiellement des commandes que leur fait l'Etat, tiennent l'essentiel des journaux, sont amis entre eux et ont des proximités douteuses avec la Droite au pouvoir, Sarkozy en tête : l'actionnaire principal d'EADS ? Lagardère, que Sarkozy appelle "son frère", a bénéficié d'un mécanisme complexe mis en place par la Droite pour lui faire bénéficier d'avantages fiscaux imposants en 2007 tout en vendant ses actions au cours de 2006, avant les révélations des déconvenues d'EADS. Bizarre que ça se fasse à un moment aussi opportun !
Et qui paie ces gavages pantagruéliques ? Le contribuable d'une part puisque c'est de l'argent public, via la caisse des dépots et des consignations, qui a racheté à prix d'or les actions vendues par ces ogres. Les patrons sont bizarrement moins idéologiquement bruyants quand une entreprise se fait partiellement nationaliser quelques jours avant d'avoir officiellement des difficultés, que lorsqu'il s'agit de privatiser la poste, le gaz, l'électricité ou le train !
Les autres à avoir payer cher et cash ces goinfrages sont les 10 000 salariés qui se sont retrouvés sur le carreau du jour au lendemain pour permettre à EADS de "se redresser". Forgeard s'est fait 11M€ entre les plus-values et son parachute doré. Ses enfants 4.2M€. Un autre 1,2M€. Au total 1 200 sont suspectées de s'être enrichis sur un délit d'initié. Lagardère et Chrysler ont vendu 7.5% du capital d'EADS. Combien d'années de salaire cela représente pour les 10 000 salariés qui se sont fait virer ? Une, deux, dix ?
Où va donc une société où quelques personnes concentrent le pouvoir de briser la vie de dizaines de milliers d'hommes, de femmes, de familles entières et s'en servent pour se gaver d'un fric dont ils n'ont pas besoin ?
Quelle est cette démocratie où les médias ne sortent pas ces affaires au moment où elles se font car ils sont tenus par ces mêmes personnes ?
Quelle est cette République où le gouvernement autorise et organise des magouilles pareilles pour le compte des copains des ministres ?

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