Liberté, Egalité, Fraternité et Mémoire
Par Yann Librati, dimanche 21 octobre 2007 à 12:49 :: Révolte ! :: #235 :: rss
Il est 8h30, j'arrive à l'aéroport de Nice. Je suis venu chercher Simone Veil pour qu'elle se rende à une commémoration pour les enfants juifs déportés du lycée du Parc Imperial. Je suis impatient de la rencontrer. Je ne la connais pas, je ne l'ai jamais rencontrée, et pourtant pour moi cette femme est un mythe, une icone. Elle a mené tant de combats.....
Sur la passerelle je vois une femme comme je l'imaginais : digne et souriante, humble et réservée. Dans la voiture où nous étions avec sa sœur et son mari, la discussion est légère, presque joyeuse. Arrivés au Parc Impérial, je retrouve Carine et Jean-Paul, mes collègues du protocole de la région. J'abandonne à regret Simone Veil au flot de personnalités venues la saluer ou, moins pudiquement, tenter de s'approcher d'elle, pour être sur la photo du Nice Matin du lendemain.
Puis, pendant le magnifique discours de Martine Ouaknine, j'apprend que dans la liste de noms d'enfants juifs que nous dévoilons aujourd'hui, il y en a un qui plus que les autres doit déchirer le cœur de Simone Veil et de sa sœur : celui de Jean, leur frère... Je ne le savais pas... Je suis glacé par cette découverte, j'ai presque honte d'avoir parlé de manière si joyeuse à l'aéroport. Et puis cette découverte qui résonne dans ma tête se mélange avec des souvenirs personnels que j'ai de ce lycée, qui était le centre d'examen où j'ai passé mon bac.
Comment des lieux qui peuvent sembler si innocents peuvent-ils avoir un passé si lourd ?
Mon émotion se fait plus lourde encore lorsque j’entends le témoignage de Simone Veil, sobre, digne, surtout lorsqu'elle rappelle que dans ce lycée aussi il y eu des Français qui ont salis la République en la faisant collaborer avec les Nazis.
Puis ma colère monte lorsque j’entends le Préfet nous faire son discours minable, tout à la gloire de la France résistante, en oubliant de manière pitoyable de parler de cette autre France, celle de Vichy, celle du Maréchal, de Laval, de Maurrasse et des autres, celle des Papon, des Bousquet, que nous avons mis tant de temps à dénoncer...
La honte ne justifie pas l'oubli volontaire, et l'histoire ne s'écrit pas au rythme des nécessaire réconciliation nationales.
Ceux qui servent la République ne doivent pas l'aimer oublieuse et pudique, mais telle qu'elle a été : parfois belle, parfois perdue, au profit de causes et d'idéologies loin, très loin de notre belle et nécessaire devise : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.
je me demandais pourquoi cete précisino : au profit de causes et d'ideologies loin ...
je te souhaite une bonne continnuation !
Information niçoise
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