L'Organisation Internationale du Travail s'apprête à condamner le Contrat Nouvelle Embauche

Source social-démocratie 06

L'Organisation internationale du travail (OIT) s'apprête à condamner le contrat nouvelles embauches (CNE), le jugeant non conforme à sa convention 158 qui interdit un licenciement sans motif valable, affirme mardi le quotidien Les Echos.

Créé par ordonnance en août 2005, le CNE est un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) grâce auquel les entreprises de moins de 20 salariés peuvent embaucher un salarié et, pendant une période de deux ans, s'en séparer sans avoir à motiver.

Selon le journal les Echos, le conseil d'administration de l'OIT, saisi par Force Ouvrière, rendra son arrêt autour du 15 novembre, mais le comité tripartite (salariés, employeurs, gouvernements) chargé du sujet a déjà rendu ses conclusions la semaine dernière, préconisant notamment une remise en question de la durée de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier sans justification. Le conseil d'administration devrait suivre ces préconisations, selon le journal.

L'OIT avait été saisie par FO dès le lancement du CNE.

Début juillet, la cour d'appel de Paris avait déjà porté un coup sérieux au CNE, le jugeant non conforme à la convention 158 de l'OIT. La cour d'appel avait été saisie d'une décision rendue le 28 avril 2006 par le conseil des prud'hommes de Longjumeau (Essonne) qui avait requalifié un contrat nouvelles embauches en CDI classique, jugeant que l'ordonnance créant le CNE était contraire au droit international.

A l'inverse, les prud'hommes de Roubaix avaient estimé en juin que le CNE était conforme à la convention 158

La loi Hortefeux - faisons les reculer

Alors ça y est, la Droite, toute à son allégeance à Sarkozy a voté en rang serré la loi dite Hortefeux. La France est désormais tristement connue internationalement pour avoir versé dans la biologisation du droit et le fichage ethnique. Même le New York Times, qui n'est pas un journal gauchiste, est choqué par cette France qui n'est plus tout à fait la France, cette République qui oublie d'où elle vient et les valeurs qu'elle est censée incarner.

Cette loi Hortefeux, c'est celle qui impose aux immigrés de faire des tests ADN pour prouver que leurs enfants sont bien les leurs lors d'un regroupement familial. Réguler l'immigration est une nécessité pour les Socialistes, mais réguler signifie qu'il y a des règles ... justes.

Au motif que plusieurs pays européens pratiquent ces tests (et encore, dans quelles conditions ?) la Droite veut verser d'un côté que la France a toujours rejeté : celui du droit du sang, celui d'une filiation fondée sur la biologie et non sur l'amour parental.
C'est stigmatiser quelques milliers de migrants par an (et oui, si peu) pour faire plaisir à l'extrême droite et, pour faire oublier que l'immigration illégale est organisée par des gens puissants qui y ont des intérêts financiers, pour faire oublier que la politique de la Droite sert ces mêmes gens.

Mais surtout, le plus important, c'est qu'il s'agit là de renier l'ensemble des fondamentaux philosophiques qui sont le ciment de notre République.

Par ailleurs, si cet amendement est le plus chargé de symbole et celui qui focalise le plus de répulsion, il ne faut pas oublier le reste de la loi, pas beaucoup plus brillant. Effectivement, la partie, écoeurante, qui visait à exclure des centres d'hébergement d'urgence les sans-papiers rajoutant de la souffrance à la souffrance, a été enlevée. Mais il reste notamment le fichage ethnique qui, dans le contexte de cette loi, fait froid dans le dos et ouvre les portes à des dérapages lourds de conséquences.

La loi est votée. La France est entâchée de honte. Certes. Mais le combat ne s'arrête pas là : la pétition lancée par Charlie Hedbo contre cette loi rassemble déjà 250 000 signatures, il est encore temps de la signer et d'élargir la mobilisation. Souvenons-nous du CPE. Le combat avait été long et difficile, mais à force de mobilisation et de courage, il fût victorieux. Rien n'empêche que ce soit le cas.

Budget : pas de rupture mais la rigueur

(Interview extraite de Politis)

Pour l’économiste Liêm Hoang-Ngoc, le budget 2008 avec son « choc fiscal » en faveur des hauts revenus constitue en fait un plan de rigueur pour les autres catégories de la population. Un budget qui s’avère de plus inefficace pour la relance de l’économie.

Alors que le budget met en place le « paquet fiscal », François Fillon parle de « faillite de l’Etat » pour le justifier. Cela inaugure-t-il un plan de rigueur ?

Liêm Hoang-Ngoc : Ce budget sera un budget de rigueur pour les uns et un budget de vaches grasses pour les autres conduisant au final à un creusement des déficits publics. Un budget de rigueur pour les services publics puisque 23 900 postes de fonctionnaires sont supprimés, dont 11 000 dans l’éducation nationale et 9 000 dans les collèges et lycées. On va retrouver cette rigueur dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale avec l’instauration des franchises médicales. En revanche, les ménages à haut revenu vont bénéficier d’un paquet fiscal de15 milliards d’euros. Ainsi 2,2 milliards sont consacrés à l’allégement des droits de donation et succession. 3,7 milliards au crédit d’impôt sur les emprunts pour l’achat du logement principal. Le bouclier fiscal à 50 % revient carrément à supprimer l’impôt sur la fortune pour les 235 000 très hauts revenus qui bénéficieront d’un chèque de 600 millions d’euros. Enfin, la baisse du coût du travail à travers la légalisation du travail sans cotisations au titre de la défiscalisation des heures supplémentaires coûte 6 milliards.

Lire la suite

Liberté, Egalité, Fraternité et Mémoire

Il est 8h30, j'arrive à l'aéroport de Nice. Je suis venu chercher Simone Veil pour qu'elle se rende à une commémoration pour les enfants juifs déportés du lycée du Parc Imperial. Je suis impatient de la rencontrer. Je ne la connais pas, je ne l'ai jamais rencontrée, et pourtant pour moi cette femme est un mythe, une icone. Elle a mené tant de combats.....

Sur la passerelle je vois une femme comme je l'imaginais : digne et souriante, humble et réservée. Dans la voiture où nous étions avec sa sœur et son mari, la discussion est légère, presque joyeuse. Arrivés au Parc Impérial, je retrouve Carine et Jean-Paul, mes collègues du protocole de la région. J'abandonne à regret Simone Veil au flot de personnalités venues la saluer ou, moins pudiquement, tenter de s'approcher d'elle, pour être sur la photo du Nice Matin du lendemain.

Puis, pendant le magnifique discours de Martine Ouaknine, j'apprend que dans la liste de noms d'enfants juifs que nous dévoilons aujourd'hui, il y en a un qui plus que les autres doit déchirer le cœur de Simone Veil et de sa sœur : celui de Jean, leur frère... Je ne le savais pas... Je suis glacé par cette découverte, j'ai presque honte d'avoir parlé de manière si joyeuse à l'aéroport. Et puis cette découverte qui résonne dans ma tête se mélange avec des souvenirs personnels que j'ai de ce lycée, qui était le centre d'examen où j'ai passé mon bac.

Comment des lieux qui peuvent sembler si innocents peuvent-ils avoir un passé si lourd ?

Mon émotion se fait plus lourde encore lorsque j’entends le témoignage de Simone Veil, sobre, digne, surtout lorsqu'elle rappelle que dans ce lycée aussi il y eu des Français qui ont salis la République en la faisant collaborer avec les Nazis.

Puis ma colère monte lorsque j’entends le Préfet nous faire son discours minable, tout à la gloire de la France résistante, en oubliant de manière pitoyable de parler de cette autre France, celle de Vichy, celle du Maréchal, de Laval, de Maurrasse et des autres, celle des Papon, des Bousquet, que nous avons mis tant de temps à dénoncer...

La honte ne justifie pas l'oubli volontaire, et l'histoire ne s'écrit pas au rythme des nécessaire réconciliation nationales.

Ceux qui servent la République ne doivent pas l'aimer oublieuse et pudique, mais telle qu'elle a été : parfois belle, parfois perdue, au profit de causes et d'idéologies loin, très loin de notre belle et nécessaire devise : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant

Mardi dernier 16 octobre 2007, j'ai assisté à une cérémonie très émouvante à l'école primaire Saint-Philippe où ma fille est élève au cours préparatoire.

Ce jour-là des plaques en mémoire des élèves juifs de l'école Saint-Philippe morts en déportation ont été dévoilées. Cette cérémonie est l'aboutissement des recherches entreprises par l'association AMEJDAM , Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés des Alpes-Maritimes

Deux enfants de l'école Saint-Philippe ont été assassinés par les nazis, François Jacob, né le 12 décembre 1934 à Paris et Betty Tuszinski, née le 14 janvier 1935 à Paris.

Sur les 6 millions de juifs assassinés par les nazis on ne connaît l'identité de seulement environ la moitié d'entre eux.

Aucune photo de Betty Tuszinski n'a été à ce jour retrouvée.

François Jacob est le cousin germain de Simone_Veil,née Simone Jacob, qui assistait à cette cérémonie en compagnie de Serge Klarsfled.

Jacques Peyrat et Patrick Allemand assistaient également à cette cérémonie.

Après le dévoilement de la plaque commémorative, les élèves de l'école ont chanté la chanson "Comme toi" écrite par Jean-Jacques Goldman. Voir tous ces jeunes élèves commémorer la mémoire de ces deux enfants morts en déportation en chantant sous la direction d'un professeur cette magnifique chanson a été un moment d'intense émotion. Je vous invite à la réécouter:

Voir aussi Comme toi

Cette chanson a été écrite en 1982 par Goldman pour sa fille. Voici l'histoire de cette chanson à travers de plusieurs interview de Jean-Jacques Goldman:

Jean-Jacques Goldman : C’est-à-dire que l’idée de la chanson m’est venue en regardant un album de famille de ma mère, qui est née en Allemagne, où il y avait les photos de famille les plus banales possibles. Vous savez avec des petites filles, des gens après un repas avec des sourires niais, comme toutes les photos de famille du monde. Ma mère avait marqué à côté de mes cousins etc. entre parenthèses "déporté" en-dessous sur chaque photo. C’est là que je me suis rendu compte qu’il y avait cette petite fille qui était là, qui regardait ailleurs, qui visiblement pensait plutôt aller jouer avec sa poupée alors qu’on lui disait : "souris". Elle sourit avec une grimace comme sur toutes les photos de famille que l’on peut voir. A ce moment-là, j’ai pris conscience que, d’une part, on imaginait toujours ces gens-là avec des têtes de déportés, c’est-à-dire après. Ce sont ces photos que l’on voyait comme s’il s’agissait de gens différents de nous. Et là, sur ces photos, je voyais à quel point c’était des gens d’une banalité incroyable qui nous ressemblaient et qui étaient prêts à vivre des petites vies importantes ou sans importance comme nous tous et qui ont eu une rencontre avec l’Histoire qui a fait que. Voilà, je ne sais pas si cette petite fille s’appelle Sarah, mais en tout cas son visage existe pour moi. (...)

Jean-Jacques Goldman : Quand j'ai écrit cette chanson, losque j'en ai eu l'idée, c'était en voyant non pas une photo de déporté que l'on a tous vue, de ces êtres décharnés avec des yeux brûlants, mais c'est en voyant dans l'album de ma mère une photo d'une petite fille normale. Je pense que ces enfants doivent apprendre, non pas en se disant que c'étaient des êtres à part comme l'on pourrait penser pour l'Ethiopie par exemple, où l'on ne se sent pas directement impliqué, mais en se disant 'cette petite fille, c'était nous'. Le fait de chanter cette chanson en pensant à côté de quoi on est passé et à côté de quoi on peut encore passer. On le voit justement avec les mises à sac des synagogues, etc. La sauvagerie est là, elle est à un millimètre de vernis au-dessus des gens. Ce millimètre s'est construit au bout de plusieurs siècles grâce à l'éducation. Bref, ce millimètre est juste là. Quand on prend l'exemple de la guerre d'Algérie, avec des Français "parfaits" ou même pendant les deux guerres. Lorsque l'on demande à une personne d'arracher les yeux à quelqu'un, il n'en faut pas beaucoup pour qu'elle prenne une pince et qu'elle le fasse. Il faut le savoir, donc si ces enfants ont pris conscience de ça, de l'actualité mais aussi à quel point ils ressemblaient à cette petite fille qui elle est devenue un squelette, ça, effectivement, c'est sublime. Si l'Allemagne a pu permettre par un concours de circonstances hallucinantes - puisque c'était une démocratie - qu'Hitler arrive au pouvoir, ce n'est pas par hasard. C'est parce qu'il y a eu des données objectives qui ont fait que tout à coup, ces gens-là ont pu supporter d'une façon ou d'une autre, que leur pays brûle six millions de personnes.

Raphaël Toledano : A propos de la chanson "Comme toi" qui évoque la Shoah, j'ai lu dans une vieille interview qu'elle vous avait été inspirée en partie par votre fille et par une photo dans un album de famille ?

Jean-Jacques Goldman : C'est ça, par les deux.

Raphaël Toledano : "Comme toi", c'était un message pour votre fille en fait.

Jean-Jacques Goldman : Oui. "Comme toi", c'est elle.

Raphaël Toledano : Et ce message, elle l'a compris ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, elle l'a compris. Elle a compris qu'elle avait exactement les mêmes préoccupations que la gamine qui était sur la photo, c'est-à-dire quelle nouvelle poupée elle aurait ou que le petit copain lui avait souri.