Evaluation des ministres, un copinage sarkozien ?
Par Hervé, vendredi 11 janvier 2008 à 17:19 :: Débats :: #283 :: rss
Sarkozy, dans son exercice quotidien de démagogie, avait décrété que les ministres devait être "évalués", à la manière d'une entreprise, par un cabinet de conseil.
Comme si la chose publique se gérait comme une entreprise, comme si la sanction démocratique du vote populaire n'était la seule évaluation qui vaille en République. On se disait donc qu'il ne s'agissait là que la dose usuelle de fumée à laquelle Sarkozy nous a habitué à chaque fois qu'il est en difficulté politique. S'agissait-il de faire oublier la venue de Kadhafi, les félicitations à Poutine, le pouvoir d'achat en berne ? On ne sait plus tellement il y en a...
Mais en fait, c'est encore plus pourri que cela. France Inter s'est penché sur le cas du cabinet d'audit retenu par Sarkozy, Mars & Co.
Déjà, on comprend vite pourquoi celui-ci et pas un autre : le fondateur Dominique Mars est natif de Neuilly-sur-Seine, ville dont Nicolas Sarkozy a été maire. C'est donc tout bêtement du copinage. Comme quoi, les caisses sont vides quand il s'agit du pouvoir d'achat des Français, mais pas quand il s'agit de claquer 15 milliards d'€ pour faire plaisir aux copains, ou pour filer un marché juteux à une relation de longue date.
On voit par ailleurs que ce copinage n'est pas un coup d'essai : Mars and Co conseille le groupe Suez, en cours de fusion avec Gaz de France. Fusion, rappelons le, que Sarkozy alors ministre des Finances avait promis qu'elle ne se ferait pas, pour se dédire quelques mois suivant. Très chiraquien comme atitude...
Enfin, on reconnaît la pate de Sarkozy dans le choix de ses potes : il avait déjà nommé Laporte secrétaire d'Etat alors qu'il était sous le coup d'une enquête fiscale (bloquée par Bercy le temps que ça se tasse), il a un ministre mis en examen (Santini), l'UMP soutient un candidat condamné pour homophobie (Vaneste, cf plus la news précédente), etc. On apprend maintenant que Mars & Co est en infraction avec la loi : aucune inscription, pourtant obligatoire, de ses comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.
Pour un Sarkozy qui s'auto-proclame "le président de la transparence" à chaque fois qu'il cache quelque chose, c'est assez fort de café. Ce n'est pas un président de la République, c'est joueur de boneto !
Et dire qu'ici, Estrosi, son clone local, tente de nous faire passer la même pilule. Après plus de 60 ans de gestion de droite, se faire passer pour le renouvellement et la rupture, c'est comique. Dire qu'il s'intéresse à Nice depuis toujours alors qu'il n'a jamais fait qu'exploiter l'électorat de droite local pour sa promotion personnelle dans les instances parisiennes de son parti, c'est déjà moins amusant. Faire croire aux gens qu'il va gérer Nice pour, c'est un mensonge révoltant. Changeons d'ère !
Information niçoise
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