Grenelle de l'investissement
Par Stéphane, dimanche 20 janvier 2008 à 22:50 :: Débats :: #289 :: rss
Même si la gauche « aime » la relance par la demande, parce que celle-ci se réalise aisément en augmentant le pouvoir d’achat des plus défavorisés, elle doit, sur ce point faire son aggiornamento. Aider les plus défavorisés est une nécessité sociale, morale, républicaine, mais compter sur cette aide pour stimuler la croissance est ,aujourd’hui, une erreur économique , soulignée d’ailleurs par certains membres de la majorité eux-mêmes, dans l’actuel débat sur les heures supplémentaires.
En effet, les orientations économiques de Sarkozy, notamment sa politique de la demande basée sur le paiement des RTT et des heures supplémentaires, du déblocage des réserves de participation, n’auraient pour effet, si elles relancent un peu la consommation, que de creuser un peu plus le déficit commercial.
C'est que dans une économie totalement ouverte, toute relance keynesienne de la consommation profite aux importations et ne relance que faiblement, voire pas du tout, la production et l'emploi nationaux.
L'économiste Jean Matouk préconise de soutenir la croissance non par la demande mais par l'offre. La droite fait ce constat, l'erreur de la gauche est de l'avoir rejeté parce que fait par la droite. C'est sur les moyens à mettre en oeuvre qu'il faut s'opposer.
La politique de l’offre de la droite repose sur la déréglementation et la baisse des impôts sur les revenus des particuliers.
Une politique de l’offre de gauche, c’est une batterie d’incitations de toutes sortes, notamment fiscales, à l’innovation et l'investissement au niveau des entreprises, qui doit être développée, mais conditionnée à des réalisations réelles. Pour fixer les idées, l'impôt sur les sociétés est de 25% en Allemagne alors qu'il est de 34% en France. La baisse de cet impôt est un moyen bien plus sûr pour stimuler l'innovation que la baisse de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, laquelle, n’a d’impact sur l’innovation et l’investissement, que si les bénéficiaires investissent effectivement les sommes distraites à l’impôt dans les entreprises, ce qui n’est aucunement évident.
Cette politique de l'offre était présente dans la proposition n° 4 du pacte présidentiel de Ségolène Royal: "Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires."
Pour ces raisons, Jean Matouk demande ici un "Grenelle de l'investissement" et là défend une politique de l'offre de gauche.
Information niçoise
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