Présentation de la liste

Hier, au parc Phoénix, avait lieu la présentation de la liste "Nice Changer d'Ere". Vous trouverez dans la suite de ce message l'intégralité des 69 membres de la liste. C'est une liste ouverte sur la société civile avec 19 personnalités qui ne sont pas "encartées", avec notamment une équipe culturelle de choc, volontaire et imaginative : Sophie Duez, Louis Pastorelli et Aurélie Péglion. Tous trois sont en position éligible, et ça n'est pas de l'affichage : la culture est un chapitre essentiel du projet de Nice Changer d'Ere, comme nous en parlions en section il y a quelques mois déjà (voir ce billet). Une forte présence des milieux économiques, avec plusieurs chefs d'entreprises, et associatifs et sportifs, encore des secteurs essentiels aux politiques de gauche. Une liste de diversité, sociologique, professionnelle, culturelle, sociale, etc.

Une liste aussi de rassemblement de la gauche, aux côtés des 30 socialistes sont présents 8 verts, dont la numéro 2 Marie-Luz Hernandez-Nicaise qui a traqué la corruption à Nice lors du précédent mandat, 8 communistes, 3 républicains et citoyens.

Notre section y sera représenté par Yann Librati, Natura Auvergne, Sébastien Franco, Claire Moynot, Ankiné Kirakozian et Hervé Rivano (moi même). Nous pouvons aussi citer Fabrice Decoupigny, d'une autre section mais qui intervient régulièrement sur notre blog et à qui l'ont doit la conception de l'excellent projet de la liste (ainsi que quelques idées farfelues, mais passons sur ce point gênant ;) ).

Nous voilà donc partis pour 8 semaines passionnantes d'un âpre combat contre cette droite affairiste qui enferme Nice depuis trop longtemps. Rejoignez nous pour changer d'ère !

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Grenelle de l'investissement

Même si la gauche « aime » la relance par la demande, parce que celle-ci se réalise aisément en augmentant le pouvoir d’achat des plus défavorisés, elle doit, sur ce point faire son aggiornamento. Aider les plus défavorisés est une nécessité sociale, morale, républicaine, mais compter sur cette aide pour stimuler la croissance est ,aujourd’hui, une erreur économique , soulignée d’ailleurs par certains membres de la majorité eux-mêmes, dans l’actuel débat sur les heures supplémentaires.

En effet, les orientations économiques de Sarkozy, notamment sa politique de la demande basée sur le paiement des RTT et des heures supplémentaires, du déblocage des réserves de participation, n’auraient pour effet, si elles relancent un peu la consommation, que de creuser un peu plus le déficit commercial.

C'est que dans une économie totalement ouverte, toute relance keynesienne de la consommation profite aux importations et ne relance que faiblement, voire pas du tout, la production et l'emploi nationaux.

L'économiste Jean Matouk préconise de soutenir la croissance non par la demande mais par l'offre. La droite fait ce constat, l'erreur de la gauche est de l'avoir rejeté parce que fait par la droite. C'est sur les moyens à mettre en oeuvre qu'il faut s'opposer.

La politique de l’offre de la droite repose sur la déréglementation et la baisse des impôts sur les revenus des particuliers.

Une politique de l’offre de gauche, c’est une batterie d’incitations de toutes sortes, notamment fiscales, à l’innovation et l'investissement au niveau des entreprises, qui doit être développée, mais conditionnée à des réalisations réelles. Pour fixer les idées, l'impôt sur les sociétés est de 25% en Allemagne alors qu'il est de 34% en France. La baisse de cet impôt est un moyen bien plus sûr pour stimuler l'innovation que la baisse de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, laquelle, n’a d’impact sur l’innovation et l’investissement, que si les bénéficiaires investissent effectivement les sommes distraites à l’impôt dans les entreprises, ce qui n’est aucunement évident.

Cette politique de l'offre était présente dans la proposition n° 4 du pacte présidentiel de Ségolène Royal: "Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires."

Pour ces raisons, Jean Matouk demande ici un "Grenelle de l'investissement" et défend une politique de l'offre de gauche.

Retour de la police de proximité : 6 années de perdues !

Tout le monde s’en souvient. En 2002, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, actuel Président de la République avait brutalement mis fin à la Police de proximité à Toulouse devant son concepteur, Jean-Pierre Havrin. Plus récemment, le 3 décembre dernier, son Premier Ministre, en visite au Commissariat de la rue Barrouin à Saint-Etienne avait jugé "sans fondement" le débat sur le nécessaire retour de la Police de proximité, ajoutant que la police n’a pas "vocation à faire de l’assistance sociale dans les quartiers difficiles. La Ministre de l’Intérieur a surenchéri en affirmant quant à elle " que la police devait exercer son véritable métier plutôt que de faire du sport avec les jeunes".

Confrontée à une insécurité toujours préoccupante la même Ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en place de sa police "territorialisée" afin de remettre les agents du service public de la sécurité au plus près du terrain et des besoins des habitants. C’est mon collègue, élu de Seine-Saint-Denis, Bruno Le Roux qui a pointé hier ce paradoxe lors de la séance des questions au Gouvernement.

"Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’intérieur qui, hier enfin, a reconnu l’évidence : le service public de sécurité doit être assuré au plus près du terrain, au cœur des quartiers, par une police de proximité – ce que vous appelez une police « territorialisée ». Quelle découverte ! Alors que les citoyens habitant nos quartiers sont inquiets et les policiers excédés par leurs conditions de travail, vous semblez enfin réagir. Mais cinq années ont été perdues, cinq années pendant lesquelles Nicolas Sarkozy, par idéologie et démagogie, a détruit une organisation qui avait permis le déploiement, sur tout le territoire, d’une police de proximité et d’investigation, cinq années pendant lesquelles les locaux de la police de proximité ont été fermés, cinq années de recul des moyens là où ils étaient le plus nécessaires !

Après avoir caricaturé l’action de la police et le travail des policiers dans ces quartiers (Même mouvement), désorganisé la sécurité publique, distendu les liens entre la police et la population, vous en revenez enfin à la seule politique efficace, une police présente au cœur des quartiers, connue, reconnue et disposant de véritables moyens de sécurisation et d’investigation – autrement dit, l’organisation que nous avions décidée et appliquée entre 1997 et 2002 et qui était tout autre chose qu’une police « sociale » comme on l’a entendu dire !

En 2002, plus de la moitié du territoire avait une police de proximité et les effectifs étaient accrus de 8 % dans les communes qui en avaient le plus besoin ; aujourd’hui, le travail de destruction de Nicolas Sarkozy accompli, vous proposez en tout et pour tout une expérience dans trois villes de Seine-Saint-Denis ! Tant mieux pour elles, mais tant pis pour les autres ! Le temps n’est plus aux expériences, elles ont été faites et ont réussi ; le temps est à l’action ! Madame la ministre, quels moyens allez-vous enfin affecter à la police de proximité pour la généraliser ?"

Par Régis Juanico, Député de la Loire

Je peux changer le monde

Un grand moment de télévision avec Jean-François Kahn invité à l'émission de Yves Calvi Mots croisés lundi 14 janvier.
Décryptage de l'agitation sarkozienne et de sa politique de civilisation.
Hilarant.

Une stratégie présidentielle de contrôle de l’information

L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence a restreint pour les journalistes l’accès aux conseillers et aux ministres juge Axel Krause, secrétaire général de l'association de la presse anglo-américaine à Paris, journaliste au Transatlantic Magazine. « C’est une stratégie de communication qui vise à contrôler l’accès aux sources » analyse-t-il. Il révèle que le président de la République se serait plaint des médias allemands auprès de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Longtemps rédacteur et correspondant de l’International Herald Tribune, Axel Krause était présent à l’hyper-conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier.

Axel Krause: «''La conférence de presse de Nicolas Sarkozy m’a rappelé une des dernières conférences de presse du général de Gaulle à laquelle j’ai assisté, en arrivant à Paris. Les questions étaient plus ou moins organisées. Peut-être secondaires. Les collaborateurs de Nicolas Sarkozy donnaient l’impression de tendre le micro à certains journalistes. A mes yeux, quelques questions étaient insuffisamment préparées. Et il n’y a pas eu de follow-up, de reprise des questions. J’ai trouvé le style du Président parfois arrogant. Sur les 35 heures et l’Europe, il a laissé beaucoup de questions en suspens.

Sa stratégie privilégie la communication plutôt que l’information, avec la complicité des médias français. L’Elysée considère les médias étrangers comme beaucoup plus critiques. Selon des confrères journalistes allemands, le président français s’est plaint devant l’ambassadeur d’Allemagne de la façon dont les médias allemands traitaient la politique française. On a vu aussi la manière dont il a brutalement interrompu l’interview de Sixty Minutes lorsque la journaliste de CBS lui a posé une question sur sa vie privée qui, pourtant, faisait les une des journaux.

Les journalistes essayent de faire leur travail mais ont un accès plus restreint aux conseillers des ministres et à ceux de l’Elysée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Il y a peu de fuites. Les ministres sont très contrôlés et leurs collaborateurs aussi. Ils privilégient les interviews radio ou télé au détriment des points presse. C’est une stratégie de communication qui vise à influencer l’orientation des articles en contrôlant l’accès aux sources. Et qu’est-ce qu’un journaliste sans accès à ses sources?

Par ailleurs, la proximité de l’actuel président avec l’actionnariat de certains médias pèse son poids. Un contrôle s’exerce. J’ai été interviewé au sujet de la conférence de presse par une télévision: ils n’ont gardé que les aspects positifs de ma déclaration. Aujourd’hui, les rapports entre les journalistes français et leur Président sont beaucoup plus difficiles qu’avec Chirac qui était plus décontracté par rapport à l’information. Avec Nicolas Sarkozy, on a presque un événement par semaine qui évoque The West Wing, cette série américaine sur la Maison Blanche. La semaine dernière, Tony Blair s’est rendu à l’UMP. Pour Sarkozy, c’était un événement. Il y a un calendrier d’événements, qui n’aurait pas de sens sans le suivisme de la presse et des médias. Mais le sujet de la vie privée, on l’a vu, est un sujet à double tranchant, puisque l’opinion semble désormais y porter moins d’intérêt qu’aux questions économiques et sociales.''»

Article trouvé sur le Contre journal de Libération