Bagdad et Antoine

Un article du Monde intitulé Des candidats embarrassants, sur les candidats issus de la diversité.

Extraits :

Dans le jargon socialiste, Bagdad Ghezal figure parmi les "candidats issus de la diversité". Des militants maghrébins pour la plupart, des Noirs plus rarement. Au PS, on préfère s'en tenir au vocable officiel qui tient autant de la langue de bois que du politiquement correct. Va donc pour "les candidats de la diversité", autour desquels flotte un malaise que le Parti socialiste n'essaie même plus de dissimuler. Pas seulement depuis que le gouvernement a accueilli Rama Yade, Rachida Dati et Fadela Amara sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Mais aussi depuis les dernières législatives : malgré une moisson de députés moins mauvaise que prévu, le PS s'est révélé incapable de faire élire le moindre candidat maghrébin ou originaire d'Afrique. Il s'est donc engagé à promouvoir la "diversité" à l'occasion des municipales de mars.

La fédération du Pas-de-Calais, qui refuse de sortir de son mutisme, lui préfère Antoine de Rocquigny, un énarque de 35 ans, dont les adhérents ont repoussé la candidature. Cadre supérieur à la SNCF, il dispose d'une résidence secondaire à Etaples, sur la côte d'Opale, et assure avoir la confiance du maire sortant. Descendant de l'une des plus vieilles familles de la ville - où il existe une avenue de Rocquigny -, il s'appuie sur les résultats d'un sondage selon lequel il parviendrait à conserver la mairie alors que M. Ghezal serait battu. Membre du PS de très fraîche date, il évoque "l'animosité" que suscite, selon lui, son adversaire, et campe sur une stricte lecture des statuts : "Etaples est une ville de moins de 20 000 habitants, c'est donc la fédération départementale et non pas la convention nationale du PS qui est compétente pour trancher." De son côté, Bagdad Ghezal espère que la rue de Solférino tapera du poing sur la table, comme elle s'y est engagée. "Je suis victime d'une discrimination sournoise, dit-il. On ne me dit jamais rien en face. Mais je tiendrai bon."

La rénovation vise bien évidemment à rénover la doctrine politique du Parti Socialiste, mais elle devrait également rénover ses statuts archaïques qui permettent des manoeuvres inadmissibles comme celle qui se passe en ce moment à la fédération du Pas-de-Calais.

Lire la suite

Pour des primaires à l'Italienne ... à gauche

Extrait de Rue89

Si la bataille pour la direction du parti polarise actuellement l'attention dans le microcosme socialiste, un autre sujet agite parallèlement le PS: la désignation du candidat pour l'élection présidentielle de 2012. Moins en termes de personnes -une question permanente- qu'en termes de méthode. Et de ce point de vue, la tendance est à l'organisation de primaires à l'italienne.

L'un des principaux partisans de ces primaires n'est autre que Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste à la course à l'Elysée s'est prononcée clairement en faveur de ce mode de désignation en novembre, au micro de France Inter. Selon elle, il est "indispensable" de mettre en oeuvre ce "formidable mouvement de rassemblement et de dynamisme".

L'Italie et Walter Veltroni sont donc aujourd'hui pris en exemple par le Parti socialiste. Le maire de Rome a été désigné le 14 octobre dernier à la tête du nouveau Parti démocrate, grande formation de centre-gauche, par plus de trois millions de sympathisants, des citoyens pas obligatoirement encartés. Plus de 11 000 bureaux de vote avaient été ouverts pour l'occasion.

Les primaires à gauche avaient été expérimentées pour la première fois en Italie à l'automne 2005. Un an après avoir quitté la tête de la Commission européenne, Romano Prodi était élu leader de l'Unione, coalition de onze partis (communistes, catholiques, écologistes et centristes). En avril 2006, l'Unione remportait les élections législatives et mettait fin à cinq années de gouvernance berlusconienne.

Premier essai manqué de la gauche antilibérale en 2006

Abondamment citées par la suite, ces primaires italiennes n'avaient pas réussi à être transposées en France. La gauche antilibérale avait pourtant tenté de s'accorder dès mai 2006 sur une candidature commune, mais de débats houleux en réunions aux résultats contestés, la tentative avait échoué. A l'arrivée, les antilibéraux s'étaient lancés dans la campagne présidentielle en ordre dispersé, chacun des trois candidats finalement présents (José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet) refusant de céder sa place.

De son côté, le Parti socialiste avait opté pour des débats internes entre les trois prétendants en lice: Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Six débats: trois télévisés, trois interdits aux caméras et micros. Désignée par plus de 60% des militants le 16 novembre 2006, la présidente de la région Poitou-Charentes avait, après sa défaite à la présidentielle, regretté la méthode, considérant que la droite s'était ensuite servie des attaques portées à son encontre par ses concurrents socialistes.

D'où l'initiative récente de deux courants socialistes: changer la méthode pour sortir du piège de la désignation à la prochaine présidentielle. Rénover maintenant, d'Arnaud Montebourg, et Socialisme et démocratie, de Dominique Strauss-Kahn, ont adopté le 14 décembre dernier un texte commun appelant à des primaires au sein de toute la gauche:

"Il faut organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes, pour donner au candidat désigné une pleine légitimité. Cela donne deux avantages: d’une part, associer notre électorat à la décision en le rendant parti prenante; d’autre part, associer les autres partis à ce processus, en leur donnant la possibilité d’établir leur influence et de participer ensuite à une dynamique politique."

Quelle définition des frontières de la gauche?

Les défenseurs de ce texte, baptisé "Pour la rénovation", cherchent désormais à rallier le maximum de sensibilités différentes. Mais, en plus de la question de savoir si cette coalition devra ou non déboucher sur la création d'un grand parti, un autre point d'achoppement persiste: la définition des frontières de la gauche appelée à débattre lors de ces primaires.

Lui aussi partisan d'un tel mode de désignation, Julien Dray, soutien de Ségolène Royal durant la présidentielle, rêve d'une "coalition arc-en-ciel" allant d'Olivier Besancenot à François Bayrou. Une poussée à droite qu'est loin d'approuver Benoît Hamon, nouvelle tête de proue de l'aile gauche du PS. Invité vendredi de LCI, le député européen s'est dit favorable aux primaires à l'Italienne mais a également dit ne pas croire "à cette stratégie qui pense que la meilleure manière pour la gauche de reconquérir le pouvoir c'est d'abord de droitiser son projet et ensuite de s'allier avec le centre":

Pour dépasser la question des alliances entre partis, les candidats devraient se présenter sur la base d'une plate-forme programmatique commune établie en amont, de manière à attirer le vote de sympathisants dont la formation politique d'origine ne serait pas partie prenante au rassemblement de la gauche. En clair, un moyen de séduire les électeurs d'Olivier Besancenot ou de François Bayrou, même si ces derniers -pour l'instant muets sur le sujet- n'entendaient pas participer aux primaires.

Des primaires qui pourraient être organisées aux alentours de l'été 2011. Chaque sympathisant souhaitant y prendre part devrait au préalable s'acquitter de quelques euros de frais d'inscription. Le PS table sur la participation d'un million de personnes. A l'automne 2005, en Italie, les organisateurs attendaient 500 000 votants, il y en eût près de quatre millions.

Commissariat Foch : A quels Niçois mentent-ils ?

Il y a bientôt une semaine, Ciotti, député concerné et accessoirement bras droit d'Estrosi, a fait, dans Nice Matin, une sortie d'une intolérable violence et mauvaise foi. Il accusait Yann Librati, conseiller municipal PS, de manipulation politicienne à propos du commissariat Foch. En effet, depuis plus de six mois, Yann est à l'initiative d'une pétition réclamant le maintien du dernier commissariat du centre-ville.

Les propos de Ciotti sont insupportables de mensonges. Nous mentirions en "faisant croire" aux citoyens que Foch risquait d'être déplacé alors qu'il "n'en avait jamais été question" ? Pourtant de nombreuses personnalités s'en été émues, ce qui a été rappelé dans une mise au point légèrement édulcorée par Nice Matin : le maire J. Peyrat, le procureur E. de Montgolfier, l'ancien député UMP de la circonscription, la député UMP M. Marland-Militello, tous ont à un moment ou un autre exprimé leur inquiétude de la disparition programmée du commissariat Foch.

Plus fort encore, C. Estrosi (dont Ciotti n'est que l'écho en plus hargneux) a déclaré en novembre 2007 que "le commissariat Foch, au bout du rouleau, pourrait aller à la gare du Sud". Il faut dire qu'il a déclaré ça à la Libération, en compagnie de Mme Marland-Militello, qui demande cela avec insistance depuis qu'elle sait que Foch doit disparaître.

Dernier épisode pour l'instant, Estrosi "en tant que secrétaire d'Etat" accompagné de Ciotti et du Préfet, s'est fendu d'un déplacement à Foch la nuit du réveillon pour dire aux Niçois qu'il y aura toujours de la police à Foch, et nous montrer un centre de commandement "utramoderne" et "secret-défense". Vu les moyens mis sur place, Estrosi clame que bien entendu il n'a jamais été question de faire déménager Foch. Vilain socialiste qui fait de l'agit-prop.

"Au bout du rouleau" en novembre, "ultramoderne" en décembre. La précipitation n'est signe que de deux choses :

  1. Ils se foutent de la gueule du monde et mentent avec un aplomb impressionnant : la citation d'Estrosi en novembre est en ligne sur le site ... de campagne d'Estosi !
  2. Il y a le feu au lac chez Estrosi candidat à la mairie, dans le deuxième canton et probablement aussi chez Ciotti, candidat au 1er canton

Il faut relever plusieurs points :

  • La pétition qu'a initiée Yann Librati a permis aux citoyens du deuxième canton de montrer leur rejet massif de la politique de sécurité d'Estrosi (avec 2000 signatures dans un canton qui compte moins de 10 000 votants, c'est énorme)
  • Ces gens là n'ont aucun scrupule ni respect pour les Niçois. Ils les considèrent comme une clientèle électorale acquise, manipulable à merci, et dont les intérêts et aspirations ne sont que des péripéties à contourner.
  • Dans l'article du 1er janvier, Estrosi ne parle jamais de conserver un commissariat à Foch, juste "de la police" et son centre de commandement. Où iront donc les Niçois pour déposer plainte ? A la gare du Sud ? A Auvare ? Aux Moulins ? Ou à Foch comme tout le centre-ville le souhaite ?
  • La gauche parle de sécurité et n'en a pas honte, bien au contraire. La droite se fait élire chez nous depuis plus de 60 ans en mentant sur la priorité qu'elle est censée mettre à la sécurité. Mais les Niçois et les Niçoises doivent subir leur incompétence et leurs échecs en la matière puisque notre ville est lanterne rouge française en termes de sécurité. Il est temps de changer tout cela.

Continuez à signer la pétition contre la fermeture du commissariat Foch !

Interdiction de fumer, de Simone Veil à Claude Evin et Xavier Bertrand

L’interdiction de fumer dans tous les lieux dits de « convivialité » (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos) est devenue effective depuis le 1er janvier.

Cette interdiction était inscrite dans le décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 qui fixe les conditions d’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Claude Evin, député socialiste, auteur de la loi dite Loi Evin, souhaitant que cette interdiction soit inscrite dans la Loi avait déposé le 28 février 2006 une proposition de loi relative à la protection des travailleurs et du public contre le tabagisme passif

Cette proposition de loi tendait à généraliser la loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, dite Loi Evin, en posant le principe général d’interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif.

Le décret du 15 novembre 2006 ne va pas aussi loin que le souhaitait Claude Evin, puisque le décret offre encore la possibilité de fumer dans des endroits spécialement aménagés devant respecter des normes très strictes.

Voici les déclarations de Claude Evin en 2006 :

A partir du moment où le ministre ne change pas la loi, il est obligé d'organiser des espaces expressément réservés aux fumeurs , a observé Claude Evin, qui a présidé la mission parlementaire sur le tabac. Et l'ancien ministre socialiste d'ajouter qu'en annonçant des fumoirs hermétiquement clos, Dominique de Villepin entretient la confusion. Selon Claude Evin, ce qui a posé des problèmes d'application de la loi de 1991, c'est le fait que l'on ne savait plus très bien où on fumait, et où on ne pouvait pas fumer.

Le titre de la proposition de loi de Claude Evin insistait sur la protection des travailleurs. En effet, le secteur de l’Hôtellerie – Café – Restauration – Monde de la nuit occupe en France plus de 800 000 personnes, hors période de haute saison, soit près de 4% des actifs.

Par ce billet, je souhaite d’une part démontrer que l’interdiction de fumer dépasse les clivages gauche-droite et d’autre part saluer le courage de Claude Evin pour son combat continu de longue date contre le fléau du tabagisme et de l’alcoolisme. Claude Evin a donné son nom à une grande loi, s’inscrivant dans le droit fil de la loi du 9 juillet 1976 relative à la lutte contre le tabagisme, dite loi Veil.

Rétablir une égalité des droits entre l’ensemble des travailleurs en protégeant 800 000 travailleurs du tabagisme passif, c’est une source de progrès social.