Le 8 février dernier se tenait à Nice une rencontre du grenelle de l'insertion, avec pour programme de la matinée, l'illettrisme.
Cette matinée, très dense en interventions (trop dense), mérite malgré tout un petit compte rendu car la situation de l'illettrisme est particulièrement inquiétante. Par ailleurs, il ne faut pas compter sur Nice Matin pour relater clairement le déroulement de cette matinée. En effet, nous pouvions regretter l'absence de Martin Hirsch et de Christian Estrosi, retenus par le Président de la République qui annonçait à la presse le plan pour la banlieue, préférant faire le choix de la communication plutôt que de l'insertion, pour reprendre les mots de Pascale Gérard, Vice-Présidente du Conseil Régional, chargée de la formation professionnelle qui a fait la présentation du plan régional de prévention et de lutte contre l'illettrisme et a été à cette occasion fortement applaudie par l'assistance.
Ils étaient cependant là l'après-midi pour signer la convention permettant le test du RSA (revenu de solidarité active).
Mais revenons sur la situation de l'illettrisme avec une définition et quelques chiffres forts.
L'illettrisme est la situation des personnes qui ont été scolarisées en France mais qui n'ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l'écriture et des compétences de base pour être autonomes dans des situations simples de la vie courante.
En France, 3,100 millions de personnes sont concernées, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France.
- On constate une forte proportion des plus de 45 ans alors que seulement 5% des jeunes sont dans cette situation. Cela montre que l'illettrisme peut survenir au cours de la vie active.
- Seulement 10% des personnes en situation d'illettrisme vivent dans les zones urbaines sensibles. Mais le taux d'illettrisme y est 2 fois plus important , d'où l'importance de prendre en compte cette situation dans les politiques de développement social urbain.
- Plus de la moitié des personnes ont un emploi. Cette situation concerne donc fortement l'entreprise et la formation professionnelle.
- Enfin, 26 % des allocataires du RMI sont en situation d'illettrisme. Ce qui fragilise encore plus cette population et nécessite d'intervenir en urgence auprès d'eux.
L'illettrisme, sans forcément être synonyme d'exclusion, peut isoler fortement et freiner l'insertion sociale, l'accès à l'emploi et réduire fortement l'autonomie des personnes touchées. D'où l'importance d'agir à tous les âges de la vie
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