Le marché financier mondial, dans un contexte de liberté de circulation absolue, de taux d'intérêts bas et d'explosion des liquidités, a vu l'émergence de phénomènes et d'acteurs nouveaux. On entend souvent parler de ces noms bizarres, souvent des acronymes opaques, mais sans savoir qui sont ses acteurs, impossible de comprendre la crise financière mondiale qui est en train de s'installer[1].

1) Hedge Funds (fonds alternatifs), Private equity (fonds de capital investissement), Funds of Funds (FOHFs), fonds souverains, LBO (leveraged buy-outs, rachat par effet de levier ou financement d'acquisition par emprunt) et agences de notation

  • Les Hedge funds et Private Equity, sont des fonds d'investissements privés établis à 70% "off-shore", pour minimiser les contraintes fiscales et législatives, qui investissent à court terme sur l'ensemble des places financières mondiales.
  • Les LBOs. Ces fonds lèvent par l'emprunt les ressources nécessaires au rachat d'entreprises cotées, avec l'objectif de maximiser leurs bénéfices à très court terme (deux ou trois ans), pour pouvoir à la fois payer les marges des fonds et de leurs managers, satisfaire les investisseurs et rembourser les emprunts, ce qui conduit normalement à la fin de l'entreprise cible.

2) Réglementation lacunaire et inadaptée

Cette nouvelle organisation des marchés financiers apparait nettement moins réglementée que celle qui l'a précédée. Les places financières off-shore permettent aux opérateurs qui y sont établis d'intervenir sur les autres places financières, tout en se soustrayant à leur régime réglementaire et prudentiel.

Le modèle de surveillance classique, basé sur le rôle de superviseur des banques centrales sur les activités bancaires, sur les règles de transparence boursière et sur le droit des sociétés, est clairement inadapté face à cette nouvelle réalité.
Les fonds échappent à la fois au contrôle des activités bancaires et à la surveillance des marchés boursiers. En Europe, l'euro et le marché unique n'ont pas conduit à une unification de la supervision, qui reste donc fragmentée et inadaptée à la nouvelle réalité.

  • Les fonds souverains naissent de la volonté des Etats qui accumulent les surplus commerciaux (pays producteurs de gaz et de pétrole, économies exportatrices asiatiques), de diversifier leurs investissements au delà des réserves monétaires. Ils deviennent alors des investisseurs sur les marchés financiers, ce qui pose des questions en termes notamment d'indépendance stratégique des pays européens.
  • Les agences de notation sont un élément essentiel de ce nouveau système financier. Les stratégies d'investissement de l'ensemble des opérateurs sont basées sur les notes attribuées par ces agences. Le problème est que les évaluations de ces agences ne sont pas complètement fiables, elles sont par exemple passées à côté de la crise des "subprimes", notamment pour des raisons de conflits d'intérêts entre leur rôle d'évaluation indépendante et extérieure et leur activité de consultance au bénéfice souvent des entreprises qu'elles sont censées évaluer.

Notes

[1] (billet pris sur le blog de Benoit Hamon)