Etre caissière à temps partiel dans un hypermarché
Par Stéphane, lundi 24 mars 2008 à 22:52 :: Débats :: #322 :: rss
Dans la continuation de l'excellent billet précédent de Nathalie, je vous invite tous à lire l'article tout aussi édifiant intitulé Au grand bazar du temps partiel paru dans le Monde daté 25 mars 2008. Il est un peu long, mais il décrit parfaitement l'univers des caissières de la grande distribution. Cela fait froid dans le dos.
L'enquête montre également les risques encourus par les salariés du privé lorsqu'ils font grève:
Odile Jaloux a repris le chemin des caisses depuis plusieurs semaines, mais le coeur n'y est pas. Ce matin-là, elle a tenu pendant six heures l'une des caisses du rez-de-chaussée. "Elles sont en bas, juste à côté des surgelés. Il fait tellement froid qu'il faut mettre un pull. Personne n'a envie d'y aller, alors ils les réservent aux filles qui ont fait grève", note Djamila Fadhla, une caissière qui est également trésorière (CFDT) du comité d'entreprise.
Quelques extraits:
"Même pour les toilettes, c'est toute une histoire. Quelquefois, on nous demande d'attendre parce qu'il y a des clients"
Au nom des "besoins du magasin", la direction lui impose chaque semaine une "nocturne" - les caissières quittent le magasin après 20 h 30 -, une "fermeture" - elles restent jusqu'à 22 heures - et une "coupure" - elles ont un trou au beau milieu de leur journée de travail.
"Ça fait dix-huit minutes pour manger, calcule Odile Jaloux. Je vais dépointer et je prends un sandwich en me baladant dans le centre commercial. Mais je garde l'oeil sur ma montre : si je repointe en retard, la machine indique les minutes de dépassement et j'ai une réflexion. J'essaye de partir en pause à l'heure du repas, mais quelquefois, ils me demandent de la prendre à 10 h 30 parce qu'il y a peu de monde. Et là, je n'ai vraiment pas faim."
la France comprend beaucoup plus d'employées non qualifiées du tertiaire qui ont accepté à contre-coeur un contrat de trente heures que de femmes cadres de la fonction publique qui ont envie de s'absenter le mercredi.
"Je reste assise six heures, parfois huit heures, mais je ne parle à personne. Les pauses, on ne me les donne pas au même moment que les autres caissières et avec les clients, je répète toute la journée la même chose : "Bonjour, ça fait tant, vous avez la carte fidélité ?, vous pouvez faire votre code, merci, au revoir.""
Avec Nathalie je dis aussi : "Syndiquez-vous !"
Information niçoise
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