L'application de la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration commence à révéler son caractère rétrograde.

Cette loi a prévu le retrait automatique du titre de séjour en cas de disparition des conditions de délivrance : c'est ainsi qu'une Béninoise, Elisabeth Guerin, s'est vu refuser le renouvellement de sa carte de séjour à la mort de son mari français. Brice Hortefeux, ayant été alerté de ce refus à la lecture du journal Le Monde, a immédiatement demandé au préfet de régulariser la situation de Mme Guerin alors que:

  1. c'est la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 qui a prévu le retrait automatique du titre de séjour en cas de disparition des conditions de délivrance ;
  2. c'est cette même loi qui a empêché Madame Guerin de devenir française au bout de deux ans de mariage, ce délai ayant été porté à quatre ans.
  3. C'est cette même loi qui l'a empêché de bénéficier d'une carte de résident de dix ans dès le début de son mariage et l'a contrainte à attendre trois années de vie commune, ce que la maladie ne lui a pas octroyé.

Rions de voir aujourd'hui ce proche de l'auteur de cette loi s'exclamer qu'un préfet qui l'applique très exactement commet “une erreur manifeste d'appréciation” quand son résultat est aussi inhumain.

Mais ce résultat est très précisément celui voulu par la loi. À force de voir des fraudeurs partout, on traite tout le monde comme des fraudeurs. Y compris la majorité qui ne l'est pas. Elle est là, l'erreur d'appréciation. Dans la loi elle même. Ayez au moins le courage de l'assumer, monsieur le ministre. Ça nous changera.

Ce billet est extrait de l'un des meilleurs blogs de la blogosphère, celui de Maître Eolas