En campagne interne, d’une certaine façon, à Nice, Razzi Hammadi, le jeune Toulonnais devenu secrétaire national du PS à la riposte après avoir été le « patron » du MJS. A la fédération 06 du PS, il rencontrait Paul Cuturello et Yann Librati, porte-parole d’une aile gauche du parti ayant pour leaders nationaux Henri Emmanuelli et Benoit Hamon.

« J’ai assisté à la réunion des Reconstructeurs à Paris. Ce qu’à dit Martine Aubry m’a plu malgré bien des imprécisions encore. Nos points de vue pourraient se rapprocher » explique Razzi Hammadi. Mettant les points sur les I : « Aujourd’hui, le vrai clivage est entre frénésie du court terme et intelligence du long terme ». Autrement dit méfiance envers les libéraux fussent-ils des socialistes à la manière de Bertrand Delanoe.

Mais la guerre des chefs pour la conquête du parti ? « Un jeu d’estrades n’intéressant pas les Français. Qui nous attendent sur les questions de fond. » Comme le dossier sensible des 35 heures et surtout« la brutale remise en cause du droit du travail. D’où l’appel de tout le PS à la mobilisation pour les manifs du 17 juin » martèle celui qui à la rentrée, à son tour, sortira un livre, Le droit à l’avenir (chez Stock). Pas une biographie, « trop prétentieuse à 29 ans ». Plutôt, « le vécu quotidien d’une génération » tout en avançant plusieurs propositions. D’ici là, il aura participé à la rédaction de la contribution baptisée « Reconquête » de son courant.

« Notre enthousiasme est intact. Nous nous réjouissons de voir un Barack Obama, candidat démocrate aux Etats-Unis, mettre en avant sur le libre-échange des idées qui nous conviennent parfaitement. » Plus que celles de certains ténors socialistes ? « Je n’étais guère d’accord avec le programme de Royal. Mais la manière dont elle a été désignée candidate prouve que les choses bougent. Il n’y a pas de fatalité sociologique à ce que nous ne gagnions pas de nouvelles élections nationales. Mais, alors au pouvoir, il faudra changer la vie des gens en écoutant ce qu’ils veulent. »

Georges Bertolino