Failles confirmées dans des machines de vote électronique

Elles ont fait l'actualité pendant la campagne présidentielle, elles ont mis une sacrée pagaille pendant les opérations de vote, on en parlait dans un billet du 2 avril . Les machines de vote électroniques existantes ne sont pas fiables.

Extrait d'un Bulletin Electronique sur l'actualité américaine (à lire sur leur site)

A la demande de Debra Bowen, Secrétaire d'Etat de Californie, un rapport sur la sécurité des systèmes de vote électronique aux Etats-Unis a été rendu public le 30 juillet dernier. Il en ressort que trois machines très largement utilisées présentent des failles de sécurité, de fiabilité ou d'intégrité. Les tests ont été menés par l'équipe Red Team, composée d'experts de l'université de Californie.

Les machines incriminées (Diebold's GEMS 1.18.24/AccuVote, Hart Intercivic System 6.2.1 et Sequoia's WinEDS version 3.1.012/Edge/Insight/400-C) utilisent toutes des mécanismes d'écrans tactiles ou à touches pour l'enregistrement du vote. La Sénateur Diane Feinstein rebondit sur cette étude pour appuyer les récentes tentatives du groupe démocrate qui visent à rendre obligatoire l'ajout d'imprimantes sur ces machines et à promouvoir les systèmes équipés de scanners pour lire les bulletins.

et çà continue....

A ce rythme là c'est toute la politique sociale des gouvernements Raffarin et Villepin qui va passer à la trappe. On ne s'en plaindra pas. Juste un regret, si les syndicats avaient su (ou pu) jouer correctement leur rôle, nous aurions gagné quelques années.

Il s'agit maintenant du chèque emploi associatif mis en service le 1er janvier 2004. Il a vocation, a priori, a simplifier les démarches de gestion du personnel pour les associations. Celles-ci peuvent y avoir recours pour rémunérer leurs salariés jusqu'à trois équivalents temps plein temporaires ou permanents. Essentiellement considérés comme un moyen de paiement, les employeurs associatifs oublient qu'il s'agit également de contrats de travail obéissant aux mêmes règles que n'importe quelle relation contractuelle entre un salarié et son employeur.

Déjà source de nombreux contentieux (le recours à ce type de simplification induisant de la précarité), le dispositif chèque emploi associatif ne va pas s'arranger avec la jurisprudence de la Cour de Justice Européenne en date du 16 mars 2006. Celle ci déduit d'une directive européenne un principe selon lequel elle s'oppose au paiement mensuel des congés acquis (excepté lors d'un solde de tout compte, en fin de contrat). En bref, l'employeur doit toujours favoriser la prise de congés payés en jours de congé (et pas en indemnisation). C'est un coup dur pour le Chèque Emploi Associatif qui prévoyait automatiquement une indemnité de 10% de congés payés. De ce fait, les salariés ne prenaient plus leurs jours de repos et l'indemnité de congés payés se trouvait noyée dans la négociation salariale. Le Conseil National des Employeurs Associatifs recommande vivement à ses adhérents de ne plus avoir recours au Chèque Emploi Associatif et de se rapprocher des tiers de confiance de l'URSSAF compétents pour les aider dans leur gestion sociale.

Encore bravo aux deux derniers gouvernements ultra libéraux.

Le tribunal administratif de Poitier donne raison à Ségolène ROYAL

A sa création par ordonnance du 5 août 2005, le Contrat Nouvelle Embauche n'avait suscité guère de réaction. Il subit aujourd'hui, toute une série de déboires. Après les décisions défavorables de deux cours d'appel requalifiant des fins de CNE en licenciements pour cause réelle et sérieuse (Paris que nous avons relaté ici et Bordeaux), c'est au tour du tribunal administratif de Poitiers de prendre position. En février 2006, la Région Poitou Charente avait décidé d'exclure des primes pour l'emploi les entreprises qui avaient recours au CNE au motif qu'il favorisait la précarité. En juin 2006, une délibération de la Région rendait inéligibles à toutes aides économiques publiques régionales les entreprises du bâtiment qui souhaitaient recruter un jeune en CNE (pour mémoire...le CPE n'a pas totalement disparu...un jeune recruté dans une entreprise de moins de 20 salariés en CNE est un CPE...CQFD!). La préfecture de la Vienne a considéré cette politique illégale et a, sur cette base, saisi le tribunal administratif en août 2006 en demandant l'annulation des deux mesures. Le tribunal administratif a donné raison à la Région Poitou Charente sur tous les points en concluant que la Région était compétente en matière de politique de l'emploi, que celle ci ne créait pas de discrimination entre les entreprises, l'objectif étant simplement de soutenir les recrutements en CDI. Ségolène ROYAL, la présidente de la Région Poitou Charente, dans un communiqué de presse "a noté avec satisfaction que la défense de la qualité de l'emploi est validée par les juges". Le préfet, qui n'a pas souhaité faire de commentaire, a deux mois pour faire appel.

Allemagne : L’indignation persiste après l’accord nucléaire franco-libyen

La presse allemande nous présente un Sarkozy quelque peu différent de l'image du héros grand humaniste qu'il tente de construire en France. Rajoutons l'interview du fils Kadhafi d'une regrettable transparence pour notre bon président...et cette image pourrait rapidement s'écorner. Que les vacances tombent bien pour notre bouillonnant président!

Sur RFI - 28/07/07 - correspondant à Berlin, Pascal Thibaud

Les irritations à Berlin s’accumulaient contre la France. En dernier lieu, l’Allemagne n’a pas apprécié que Nicolas Sarkozy tire la couverture à lui lors de la libération des infirmières bulgares. Mais Berlin a évité de troubler l’unanimité de façade.

En revanche, l’accord nucléaire franco-libyen délie les langues. « Politiquement, cette affaire est problématique », a déclaré dans une interview le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Gernot Erler résumant les craintes de l’Allemagne quant aux risques d’un tel accord.

Un député social-démocrate estime, lui, que Nicolas Sarkozy ne s’est investi dans la libération des infirmières que pour décrocher des contrats en Libye. Il évoque un show et juge que George Bush est en comparaison un modèle d’innocence.

Quant au député conservateur Kar Theodor zu Guttenberg, il estime qu’il aurait été souhaitable de gérer un tel accord entre Européens.

L’opposition n’est pas en reste. Le patron des Verts Reinhard Bütikofer accuse Nicolas Sarkozy d’activisme nationaliste débridé.

La presse allemande est tout aussi critique. Le président français y est qualifié de problème sérieux pour l’europe ou encore d’homme politique incontrôlable. Le quotidien conservateur Die Welt l’accuse de se jeter au cou des despostes."

La liberté : un concept radicalement de gauche.

Dans l'époque de médiocrité politique dans laquelle nous évoluons, il est bon de se replonger dans certains textes afin de réhabiliter le mot et le concept de liberté qui à été violé, défiguré par les prophètes du néo libéralisme et certains camarades, qui telles des baleines, se sont échoués sur les rivages de la globalisation. Loin de moi de revenir sur le concept d'une certaine analyse marxiste et scientifique de la politique, il m'a semblé important de revenir aux racines de la notion de liberté à travers trois monstres de la pensée qu'aux premiers abords on pourra opposer mais qui se complètent merveilleusement : Jean-Jacques Rousseau, Alexis de Tocqueville et Amartya Sen.

Le premier montre dans son livre "Du contrat social" que l'homme doit se placer au dessus du droit naturel et de la force et pour cela il doit créer une société d'hommes libres et égaux. Rousseau pose la liberté au centre du contrat social, c'est-à-dire d'un contrat qui lie des individus pour construire une société de liberté et d'égalité.

"Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs, . Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté".

Dans un second temps, Rousseau nous montre que la liberté ne peut s'obtenir qu'à travers la mise en place d'une souveraineté partagée dans une organisation sociale qui reconnaît tous ses membres.

"Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle s'unissant à tous obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant."

"Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne (souverain), et comme il n'y a pas un associé sur lequel on acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce que l'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a (car nos biens sont garantis par toute la collectivité)".

"Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout".

Si Alexis Tocqueville est souvent perçu comme l'un des pères de l'individualisme méthodologique, il est bon de rappeler que la droite française possède une lecture sélective de cet auteur. Il est vrai que Tocqueville place l'individu au centre de l'organisation sociale d'une société comme Rousseau le fit précédemment. Dans son ouvrage, "L'ancien régime et la révolution française", il met en garde d'une mauvaise compréhension du concept de liberté qui risque de la pervertir. A la lecture du chapitre III ("Comment les Français ont voulu des réformes avant d'avoir les libertés"), nous sommes abasourdis par la justesse, la force et la modernité de ses propos. Tocqueville nous met en garde face à une dérive consumériste qui ouvre sur le despotisme démocratique ; " Je ne crois pas non plus que le véritable amour de la liberté soit jamais né de la seule vue des biens matériels qu'elle procure ; car cette vue vient souvent à s'obscurcir. Les hommes qui ne prisent que ces biens-là en elle ne l'ont jamais conservée longtemps".

Amartya Sen (Prix Nobel d'économie 1998) dans son ouvrage "L'économie est une science morale" se penche sur la nature et le rôle que l'économie doit avoir dans une organisation sociale. Pour lui, l'économie n'est pas une science exacte, en ce sens que les processus de fonctionnement des marchés ne sont pas inéluctables. Il développe alors le concept de "capabilité" ; "Un ensemble de vecteurs de fonctionnements qui reflètent la liberté dont dispose actuellement la personne pour mener un type de vie ou un autre". C'est la capacité d'un individu d'être et de faire : avoir un emploi (le vecteur) pour avoir un budget vacances (type de vie), pour construire la maison désirée, acheter des livres, aller au cinéma … Cette théorie sur la liberté est forte intéressante car elle vient éclairer d'une autre lumière le concept de liberté en économie. C'est-à-dire que la production de richesse doit permettre à tout individu de pouvoir choisir sa vie. La liberté c'est choisir, et non subir. Le développement économique est là pour permettre à toutes les femmes et les hommes de réaliser ses projets de vie. Là réside le fondement de la liberté et de l'égalité. Or le fonctionnement de l'économie mondiale aliène les individus car ces derniers ne sont pas libres et égaux de choisir leur vie. Il rejoint ici Rousseau, lorsque ce dernier commençait son contrat social par cette phrase, "L'homme est né libre, et partout il est dans les fers" mais aussi Tocqueville quand celui-ci affirmait "Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir".