Benoit Hamon sur France 24

Le livre noir du libéralisme de Pierre LARROUTUROU

Pierre LARROUTUROU est porte parole de l'Union pour l'Europe Sociale, délégué national Europe du Parti Socialiste. Pour vous donner l'envie de lire le livre que je prête à qui me le rendra...la préface de Michel ROCARD...comme "un cri d'angoisse"

Paris, le 24 septembre 2007

" Ce que vous tenez entre les mains, cher lecteur, est davantage un pamphlet qu'un livre. Pierre LARROUTUROU y exprime le savoir considérable qu'il a accumulé sur l'état de l'économie contemporaine, et c'est déjà très important. Il y crie aussi son angoisse. Et si j'ai pris la plume pour écrire ces quelques lignes, c'est que je partage cette angoisse. Ce que l'on sait de l'économie mondiale a de quoi faire peur, simplement parce que les grandes tendances que l'on voit à l'oeuvre aussi bien dans la finance mondiale que sur chaque grand Etat continent, Etats Unis, Chine, Europe, conduisent toutes à des aggravations de déséquilibres dont nul ne peut imaginer la résorption paisible. Le cri de colère que représente de la part de Pierre LARROUTUROU cet ouvrage est aussi une dénonciation du silence des experts. Les économistes savent tout ce qui est dit là. Pour Smith, Ricardo et surtout Keynes, le chômage ou le travail précaire étaient des objets de préoccupation et d'étude pour la science économique. Ce n'est plus le cas. La science économique a dérivé et s'est recroquevillée pour n'être plus qu'une science de la circulation de l'argent. L'être humain, qui en était le coeur pour les fondateurs en a été chassé. Il n'est plus qu'un solde. Pour les théoriciens du marché de la période contemporaine, le chômeur est le résultat d'un dysfonctionnement du marché. En tant que tel, il relève de la charité et de la police mais plus de la science économique. Le résultat de cette attitude c'est que le fléau majeur des sociétés développées du début du XXIème siècle, la précarité du travail, ne fait l'objet ni d'évaluations quantifiées ni de commentaires. Or c'est de là, parce que toutes les classes moyennes sont concernées, que viendra la colère sociale qui pourrait devenir dévastatrice si la crise s'aggravait. Car il y a plus. La menace la plus grave que comporte le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui tient aux déséquilibres financiers. Or aucun banquier (les seuls vrais spécialistes pourtant) n'en parle. Tout banquier en exercice, et surtout bien sûr les banquiers centraux, est tenu par ses pairs de ne rien évoquer qui inquiète....la croissance économique est commentée, bien sûr, y compris dans la diversité de ses rythmes, mais jamais nulle part n'est commenté le fait que cette croissance n'est fondée que sur l'endettement! Tout cela donne à ce volume de Pierre LARROUTUROU une allure de coup de tonnerre dans un ciel bleu, une allure de cri d'alarme, et mon ami Pierre a la forme emportée! Je pense portant qu'il n'y a pas grand chose de plus essentiel aujourd'hui que de faire réfléchir gouvernements, banques centrales et experts au traitement approprié de cette situation. Le lecteur sait peut-être qu'un des économistes français les plus respectés, le professeur Patrick ARTUS, vient de publier un autre petit livre intitulé "les incendiaires". Les incendiaires en question sont pour lui les banquiers centraux. Il doit vraiment se passer quelque chose dans le système. Et si l'on ne fait rien, Pierre LARROUTUROU aura eu raison de consacrer une partie de la fin de son livre aux budgets militaires, et notamment à celui de la Chine. La science économique traite de la vie du genre humain. Il est moins que jamais admissible de laisser le monopole de ses réflexions et de ses débats aux seuls spécialistes, alors qu'on les découvre en train de jouer aux apprentis sorciers"

L’égalité d’autonomie, un outil de réconciliation de la société avec ses individus

(par Régis Juanico, député de la Loire)
Les inégalités sont à la source de l’individualisme

Considéré comme utopique, même dans notre propre camp, le combat pour l’égalité est aujourd’hui mis de côté alors qu’il est le seul moyen de parvenir à reconstruire un vivre ensemble dynamique dans lequel chaque individu se sentirai membre d’un tout. Or notre société voit les inégalités se creuser sans cesse, que ce soient les inégalités de naissance, les inégalités dans les parcours scolaires, les inégalités dans l’accès au marché du travail mais aussi dans les conditions de travail ou la fin de carrière. Ces constats, nous les avons tous faits, mais apparemment, les solutions que nous avons proposé lors des dernières échéances électorales n’ont pas été suffisamment cohérentes et crédibles.

Le lien entre la société et l’individu est entretenu et prend son sens dans les protections et les garanties d’égalité de traitement que le collectif peut apporter aux individus. Ainsi, les nombreux quartiers, dans lesquels la promesse d’une égalité de traitement par la République de chacun de ses citoyens n’est plus respectée, sont de véritables laboratoires de l’individualisme. la loi du plus fort y règne, l’obscurantisme reprend la place que les services publics ont abandonné et le seul échappatoire réside dans la perspective de pouvoir déménager un jour futur.

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Interview de Ségolène Royal sur France Inter lundi 12 novembre 2007

Segolene Royal - kewego
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Segolene Royal
Mots-clés : segolene royal

Sur Nicolas Sarkozy et le climat social

«Il nous avait promis un choc de croissance, aujourd'hui nous avons un choc de défiance. Nicolas Sarkozy a dégradé le climat social. Un piège est tendu aux organisations syndicales et aux salariés: il va prendre les Français à témoin en disant “vous voyez je vais aller jusqu'au bout, je vais faire la confrontation dans l'intérêt du pays». C'est lui qui a dégradé le climat social parce que les premières décisions qu'il a prises sont celles qui ont avantagé les hauts revenus.» «Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a volonté de ne pas régler les problèmes au fond».

Sur la réforme des retraites

«Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement, mais ce qu'il ne faut pas faire et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement.»

Sur l'automonie des Universités

Ségolène Royal soutient «une réforme qui permet aux universités d'avoir davantage d'autonomie», mais, il faut que «le gouvernement dise clairement» que la réforme des universités «sera accompagnée par une augmentation des moyens». «Lorsque vous donnez de l'autonomie sans donner de moyens, vous mettez en place la loi du plus fort», c'est-à-dire que «les universités les plus prestigieuses vont devenir encore plus prestigieuses et les universités les plus défavorisées vont avoir des difficultés supplémentaires.» Elle estime également que «les étudiants ont raison de protester pour que la réforme soit réajustée» mais «il ne faut pas de jusqu'au boutisme, il faut de la discussion, y compris de la part des étudiants».

Sur le PS

Elle souhaiterait la création «à partir du PS, (d')un mouvement politique de masse» à gauche, «des altermondialistes jusqu'au centre-gauche». Une telle transformation pourrait attirer «des électeurs, des citoyens qui ne se reconnaissent pas aujourd'hui dans le PS mais qui sont prêts à revenir vers un mouvement politique qui prend en compte un certain nombre de problèmes qui leur tiennent à coeur».

Mini-traité européen : un choix difficile à comprendre

Ce soir, le Bureau National du PS a pris une décision quant au mini-traité défendu par Sarkozy : celui d'accepter de l'adopter par la voie parlementaire.

Cette décision est difficile à comprendre. Il y a deux semaines, tout le monde était d'accord pour dénoncer la médiocrité et le manque d'ambition de ce texte, présenté par Sarkozy comme une victoire manifeste alors qu'il n'est qu'un réchauffé de vagues compromis construits sur le TCE refusé par les Français et les Néerlandais (et les pays qui ont profité de ces rejets pour éluder le débat européen) en 2005. Aujourd'hui, il en est comme Lang pour dire tout le bien qu'ils pensent de ce texte.

Il y a 6 mois, tout le monde était d'accord pour clamer pendant la campagne présidentielle que "seul le peuple peut modifier ce que le peuple a voté". Autrement dit, seul un référendum peut avoir la légitimité de repasser après le référendum de 2005. Ca n'est pas une appréciation sur le fond du texte mais une question de principe sur ce qu'est et doit être la démocratie. Aujourd'hui, il en est pour croire que le peuple n'a "pas toujours raison", que "l'Europe c'est compliqué", qu'il "faut en passer par là pour avancer".

Mais l'Europe sans son peuple, c'est quoi sinon une immonde bête technocratique, anti-démocratique imposant sa logique libérale au peuple souverain qui n'en veut pas ?
Faire le choix de mépriser la voix du peuple quand l'essentiel des grandes formations politiques s'étaient plantées en 2005, c'est quoi sinon fouler au pied ce que doit être la Politique ?

Quelles sont les conséquences d'une telle position sinon s'aligner sur le bonapartisme Sarkozien, renforcer les passerelles idéologiques qui ont permis les débauchages de "socialistes", et surtout, mille fois surtout, construire un rejet aussi artificiel qu'inéluctable de l'Europe dans les consciences des Français, bafoués dans leur souveraineté et leur honneur ?

Fidèle à ses valeurs, le Secrétaire National à l'Europe du Parti Socialiste, Benoît Hamon, a présenté sa démission à François Hollande ce soir. Voici son communiqué de presse.

Paris, le 06 Novembre 2007

Le Parti Socialiste a décidé à la majorité des voix du bureau national d’approuver le traité simplifié proposé à la ratification du parlement par Nicolas Sarkozy.

Il y a bientôt 2 ans, le Parti Socialiste, conscient de l’importance de se rassembler pour battre la droite, faisait le choix, à l’occasion de son congrès, d’opérer une synthèse entre ses principales sensibilités. Cette synthèse, quelques mois après le référendum sur le traité constitutionnel qui avait vu, malgré la campagne du PS en faveur du oui, une majorité de Français refuser ce texte, proposait notamment de dépasser le clivage entre les partisans du Oui et les partisans du Non. La synthèse avait vocation à rappeler que si les socialistes s’étaient opposés sur la stratégie, ils étaient rassemblés sur le projet européen.

Aujourd’hui le Parti Socialiste s’est une nouvelle fois divisé en deux blocs sur l’appréciation du contenu du texte. Il est même divisé sur l’opportunité de soumettre le texte à référendum alors qu’il avait fait de ce principe une « obligation démocratique » lors de la campagne présidentielle et que ce principe est soutenu par une large majorité des français.

Invitée à commencer la rénovation du PS en disant oui au mini traité, une majorité du bureau national a choisi d’approuver un texte qu’elle a été presque unanime à juger médiocre 15 jours auparavant. Simultanément, les argumentaires lapidaires refont surface pour sommer les socialistes de ne pas rater ce nouveau rendez-vous de l’Histoire.

Pourtant, il existait un moyen de dire notre insatisfaction sur le fond, de rester solidaire avec les socio-démocrates européens et cohérents avec nos engagements de campagne en appelant à un référendum afin de ne pas se substituer à la souveraineté populaire. Il existait un moyen de rassembler les socialistes. Cette position était évoquée par les représentants de toutes les sensibilités du PS dans le groupe de travail sur le Traité Simplifié que le Bureau national m’a demandé d’animer depuis l’été. Cette position, identique à celle adoptée par les socialistes lors du référendum européen de 1972 sur la proposition de François Mitterrand était, au nom de la cohérence et de l’unité de la gauche : l’abstention ou la non participation au vote.

Une autre voie a été choisie. Je m’y plie. Elle porte pourtant en elle le ferment de la division. Secrétaire national en charge du projet européen, nommé pour permettre le dépassement du clivage entre le oui et le non, je déplore notre échec. Je remets donc aujourd’hui ma démission du secrétariat national à François Hollande.