Evaluation des ministres, un copinage sarkozien ?

Sarkozy, dans son exercice quotidien de démagogie, avait décrété que les ministres devait être "évalués", à la manière d'une entreprise, par un cabinet de conseil.

Comme si la chose publique se gérait comme une entreprise, comme si la sanction démocratique du vote populaire n'était la seule évaluation qui vaille en République. On se disait donc qu'il ne s'agissait là que la dose usuelle de fumée à laquelle Sarkozy nous a habitué à chaque fois qu'il est en difficulté politique. S'agissait-il de faire oublier la venue de Kadhafi, les félicitations à Poutine, le pouvoir d'achat en berne ? On ne sait plus tellement il y en a...
Mais en fait, c'est encore plus pourri que cela. France Inter s'est penché sur le cas du cabinet d'audit retenu par Sarkozy, Mars & Co.

Déjà, on comprend vite pourquoi celui-ci et pas un autre : le fondateur Dominique Mars est natif de Neuilly-sur-Seine, ville dont Nicolas Sarkozy a été maire. C'est donc tout bêtement du copinage. Comme quoi, les caisses sont vides quand il s'agit du pouvoir d'achat des Français, mais pas quand il s'agit de claquer 15 milliards d'€ pour faire plaisir aux copains, ou pour filer un marché juteux à une relation de longue date.
On voit par ailleurs que ce copinage n'est pas un coup d'essai : Mars and Co conseille le groupe Suez, en cours de fusion avec Gaz de France. Fusion, rappelons le, que Sarkozy alors ministre des Finances avait promis qu'elle ne se ferait pas, pour se dédire quelques mois suivant. Très chiraquien comme atitude...
Enfin, on reconnaît la pate de Sarkozy dans le choix de ses potes : il avait déjà nommé Laporte secrétaire d'Etat alors qu'il était sous le coup d'une enquête fiscale (bloquée par Bercy le temps que ça se tasse), il a un ministre mis en examen (Santini), l'UMP soutient un candidat condamné pour homophobie (Vaneste, cf plus la news précédente), etc. On apprend maintenant que Mars & Co est en infraction avec la loi : aucune inscription, pourtant obligatoire, de ses comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.

Pour un Sarkozy qui s'auto-proclame "le président de la transparence" à chaque fois qu'il cache quelque chose, c'est assez fort de café. Ce n'est pas un président de la République, c'est joueur de boneto !

Et dire qu'ici, Estrosi, son clone local, tente de nous faire passer la même pilule. Après plus de 60 ans de gestion de droite, se faire passer pour le renouvellement et la rupture, c'est comique. Dire qu'il s'intéresse à Nice depuis toujours alors qu'il n'a jamais fait qu'exploiter l'électorat de droite local pour sa promotion personnelle dans les instances parisiennes de son parti, c'est déjà moins amusant. Faire croire aux gens qu'il va gérer Nice pour, c'est un mensonge révoltant. Changeons d'ère !

La fin du tabac

Pour des primaires à l'Italienne ... à gauche

Extrait de Rue89

Si la bataille pour la direction du parti polarise actuellement l'attention dans le microcosme socialiste, un autre sujet agite parallèlement le PS: la désignation du candidat pour l'élection présidentielle de 2012. Moins en termes de personnes -une question permanente- qu'en termes de méthode. Et de ce point de vue, la tendance est à l'organisation de primaires à l'italienne.

L'un des principaux partisans de ces primaires n'est autre que Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste à la course à l'Elysée s'est prononcée clairement en faveur de ce mode de désignation en novembre, au micro de France Inter. Selon elle, il est "indispensable" de mettre en oeuvre ce "formidable mouvement de rassemblement et de dynamisme".

L'Italie et Walter Veltroni sont donc aujourd'hui pris en exemple par le Parti socialiste. Le maire de Rome a été désigné le 14 octobre dernier à la tête du nouveau Parti démocrate, grande formation de centre-gauche, par plus de trois millions de sympathisants, des citoyens pas obligatoirement encartés. Plus de 11 000 bureaux de vote avaient été ouverts pour l'occasion.

Les primaires à gauche avaient été expérimentées pour la première fois en Italie à l'automne 2005. Un an après avoir quitté la tête de la Commission européenne, Romano Prodi était élu leader de l'Unione, coalition de onze partis (communistes, catholiques, écologistes et centristes). En avril 2006, l'Unione remportait les élections législatives et mettait fin à cinq années de gouvernance berlusconienne.

Premier essai manqué de la gauche antilibérale en 2006

Abondamment citées par la suite, ces primaires italiennes n'avaient pas réussi à être transposées en France. La gauche antilibérale avait pourtant tenté de s'accorder dès mai 2006 sur une candidature commune, mais de débats houleux en réunions aux résultats contestés, la tentative avait échoué. A l'arrivée, les antilibéraux s'étaient lancés dans la campagne présidentielle en ordre dispersé, chacun des trois candidats finalement présents (José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet) refusant de céder sa place.

De son côté, le Parti socialiste avait opté pour des débats internes entre les trois prétendants en lice: Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Six débats: trois télévisés, trois interdits aux caméras et micros. Désignée par plus de 60% des militants le 16 novembre 2006, la présidente de la région Poitou-Charentes avait, après sa défaite à la présidentielle, regretté la méthode, considérant que la droite s'était ensuite servie des attaques portées à son encontre par ses concurrents socialistes.

D'où l'initiative récente de deux courants socialistes: changer la méthode pour sortir du piège de la désignation à la prochaine présidentielle. Rénover maintenant, d'Arnaud Montebourg, et Socialisme et démocratie, de Dominique Strauss-Kahn, ont adopté le 14 décembre dernier un texte commun appelant à des primaires au sein de toute la gauche:

"Il faut organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes, pour donner au candidat désigné une pleine légitimité. Cela donne deux avantages: d’une part, associer notre électorat à la décision en le rendant parti prenante; d’autre part, associer les autres partis à ce processus, en leur donnant la possibilité d’établir leur influence et de participer ensuite à une dynamique politique."

Quelle définition des frontières de la gauche?

Les défenseurs de ce texte, baptisé "Pour la rénovation", cherchent désormais à rallier le maximum de sensibilités différentes. Mais, en plus de la question de savoir si cette coalition devra ou non déboucher sur la création d'un grand parti, un autre point d'achoppement persiste: la définition des frontières de la gauche appelée à débattre lors de ces primaires.

Lui aussi partisan d'un tel mode de désignation, Julien Dray, soutien de Ségolène Royal durant la présidentielle, rêve d'une "coalition arc-en-ciel" allant d'Olivier Besancenot à François Bayrou. Une poussée à droite qu'est loin d'approuver Benoît Hamon, nouvelle tête de proue de l'aile gauche du PS. Invité vendredi de LCI, le député européen s'est dit favorable aux primaires à l'Italienne mais a également dit ne pas croire "à cette stratégie qui pense que la meilleure manière pour la gauche de reconquérir le pouvoir c'est d'abord de droitiser son projet et ensuite de s'allier avec le centre":

Pour dépasser la question des alliances entre partis, les candidats devraient se présenter sur la base d'une plate-forme programmatique commune établie en amont, de manière à attirer le vote de sympathisants dont la formation politique d'origine ne serait pas partie prenante au rassemblement de la gauche. En clair, un moyen de séduire les électeurs d'Olivier Besancenot ou de François Bayrou, même si ces derniers -pour l'instant muets sur le sujet- n'entendaient pas participer aux primaires.

Des primaires qui pourraient être organisées aux alentours de l'été 2011. Chaque sympathisant souhaitant y prendre part devrait au préalable s'acquitter de quelques euros de frais d'inscription. Le PS table sur la participation d'un million de personnes. A l'automne 2005, en Italie, les organisateurs attendaient 500 000 votants, il y en eût près de quatre millions.

Interdiction de fumer, de Simone Veil à Claude Evin et Xavier Bertrand

L’interdiction de fumer dans tous les lieux dits de « convivialité » (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos) est devenue effective depuis le 1er janvier.

Cette interdiction était inscrite dans le décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 qui fixe les conditions d’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Claude Evin, député socialiste, auteur de la loi dite Loi Evin, souhaitant que cette interdiction soit inscrite dans la Loi avait déposé le 28 février 2006 une proposition de loi relative à la protection des travailleurs et du public contre le tabagisme passif

Cette proposition de loi tendait à généraliser la loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, dite Loi Evin, en posant le principe général d’interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif.

Le décret du 15 novembre 2006 ne va pas aussi loin que le souhaitait Claude Evin, puisque le décret offre encore la possibilité de fumer dans des endroits spécialement aménagés devant respecter des normes très strictes.

Voici les déclarations de Claude Evin en 2006 :

A partir du moment où le ministre ne change pas la loi, il est obligé d'organiser des espaces expressément réservés aux fumeurs , a observé Claude Evin, qui a présidé la mission parlementaire sur le tabac. Et l'ancien ministre socialiste d'ajouter qu'en annonçant des fumoirs hermétiquement clos, Dominique de Villepin entretient la confusion. Selon Claude Evin, ce qui a posé des problèmes d'application de la loi de 1991, c'est le fait que l'on ne savait plus très bien où on fumait, et où on ne pouvait pas fumer.

Le titre de la proposition de loi de Claude Evin insistait sur la protection des travailleurs. En effet, le secteur de l’Hôtellerie – Café – Restauration – Monde de la nuit occupe en France plus de 800 000 personnes, hors période de haute saison, soit près de 4% des actifs.

Par ce billet, je souhaite d’une part démontrer que l’interdiction de fumer dépasse les clivages gauche-droite et d’autre part saluer le courage de Claude Evin pour son combat continu de longue date contre le fléau du tabagisme et de l’alcoolisme. Claude Evin a donné son nom à une grande loi, s’inscrivant dans le droit fil de la loi du 9 juillet 1976 relative à la lutte contre le tabagisme, dite loi Veil.

Rétablir une égalité des droits entre l’ensemble des travailleurs en protégeant 800 000 travailleurs du tabagisme passif, c’est une source de progrès social.