Sondage : pas bidons, orientés

Voici quelques extraits de l'excellent article sur Rue89 qui aborde le sujet des sondages et de leur conception, où l'on voit que la façon de poser la question conditionne la réponse et que l'identité du commanditaire d'un sondage n'est pas anodine : Service minimum: un sondage qui pose bien la question | Rue89.

N'oubliez pas la réunion de section ce soir avec Razzy Hammadi à 20h à la Fédération !

L'idée de ce blog vient d'un sondage qui a été publié il y a quelques années à propos du "grand retour" des blouses à l'école. Un chiffre se promenait de journal en journal, parmi les plus sérieux, sur le nombre incroyable de parents d'élèves qui souhaitaient un retour de la blouse à l'école.

En regardant les petites astérisques, on s'apercevait que l'étude venait d'une association de parents d'élèves tendance catholiques, et tendance école privée, étude qu'elle avait menée auprès de ses adhérents! Parlez d'un échantillon représentatif. (...)

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L'éducation nationale fait de la lutte contre l'homophobie une priorité

La circulaire de rentrée du ministère de l'Education nationale consacre un paragraphe entier à la lutte contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie. ainsi rédigé:

"Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie."

Dans un communiqué de presse publié le 28 mai, l'Interassociative Lesbienne, Gaie, Bi et Trans (INTER-LGBT) souligne que c'est la première fois qu'une circulaire de rentrée mentionne explicitement la lutte contre l'homophobie et se félicite de ce premier résultat. L'Inter-MGBT rappelle que le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est cinq fois plus élevé que chez les hétérosexuels.

Sur ce sujet, je vous invite à lire l'excellent billet L'école se met (enfin) à la lutte contre l'homophobie du porte-parole de l'Inter-LGBT, Alain Piriou.

L'annulation d'un mariage à Lille pour mensonge sur la virginité de l'épouse

Le 1er avril dernier le TGI de Lille a annulé un mariage "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité.

Cette décision suscite une vie polémique. La philosophe Elisabeth Badinter s'est déclarée "ulcérée" par cette décision. Elle a déclaré avoir "honte" pour la justice française.

Le PS a dénoncé un jugement "atterrant" qui "bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre, librement, comme les hommes, leur sexualité", et le PCF l'a qualifiée de "scandaleuse". L'association Ni putes ni soumises a évoqué de son côté une "régression", exprimant son amertume "de savoir qu'en France la virginité peut être considérée comme une 'qualité essentielle'" et a réclamé un changement législatif.

A lire également le billet Honte au TGI de Lille ! de Dominique BOY-MOTTARD, conseillère générale du 7ième canton à Nice, qui estime que "l’argumentation juridique importe peu" et conclut en citant les propos d'Elisabeth Badinter exprimés sur France Inter .

À contre-courant des réactions indignées des mouvements féministes, associations antiracistes et laïques mais aussi de l'UMP, Rachida Dati a jugé que «le fait d'annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage».

La ministre a par ailleurs fait valoir que «cette jeune fille a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement». Elle a en outre rappelé que les époux concernés étaient tous les deux «d'accord». Ces questions ont un écho tout particulier pour Rachida Dati qui a eu à les éprouver à titre personnel. En effet, elle a fait annuler son propre mariage, «décidé sans le vouloir», selon ses propos dans le livre Je vous fais juge, qu'elle a publié chez Grasset en 2007.

A contre-courant également Maitre Eolas estime dans son billet N'y a-t-il que les vierges qui puissent se marier ? que :

Ce jugement ne dit absolument pas que le mariage d'une femme non vierge est nul, ni que la virginité est une qualité essentielle de la femme. Il dit ceci et rien d'autre. Madame Y… a menti à Monsieur X… sur un point qu'elle savait très important pour lui. Elle savait que si Monsieur X… avait su la vérité, il ne l'aurait probablement pas épousé. Et d'en tirer les conséquences légales que lui demandent les deux époux dans ce qui après tout est leur vie.

Là où les indignés des micros se muent tous en Tartuffe, c'est quand on se demande ce qu'il serait advenu en cas de rejet de la demande. Ces époux seraient-ils restés mariés et auraient-ils vécu heureux avec beaucoup d'enfants ? Non, ils auraient divorcé. Par consentement mutuel, puisqu'ils étaient d'accord pour se séparer. Consentement mutuel qui exclut que soient abordés les raisons du divorce. Donc dissolution du mariage, mais l'honneur est sauf : on ne saurait pas pourquoi.

Quant à moi, je rejoins l'un des 500 commentaires (au moment où j'écris) du billet de Maître Eolas qui souligne que l'obsession croissante de la virginité n'est pas prope aux musulmans. Il ne faudrait tout même pas oublier la religion catholique qui n'est pas en reste sur le sujet. Au-delà du jugement du TGI de Lille que Maître Eolas a parfaitement résumé, c'est cette obsession croissante de la virginité qui est déplorable.

L'article 14 de la déclaration de principes du Parti Socialiste qui énonce que Le Parti socialiste est féministe et agit en faveur de l’émancipation des femmes. est plus que jamais d'actualité.

DIX QUESTIONS POUR UN CONGRES, PAR FRANCOIS HOLLANDE

Dans Le Monde du jour, le camarade premier secrétaire détermine 10 grandes questions auxquelles les socialistes devront selon lui répondre au moment du Congrès de Reims. Il considère, comme tant d'autres militants, que les décisions de personnes et de leadership doivent être réglées au terme d'un débat et non à son commencement. Il juge que la gauche n'a pas simplement à préparer une victoire électorale, mais qu'elle doit surtout mener une offensive idéologique et faire la démonstration, notamment auprès des couches populaires et moyennes, que ce sont ses valeurs, ses propositions et ses méthodes qui correspondent aux aspirations de la France dans le monde tel qu'il est. Selon lui, l'enjeu du congrès consiste à relever trois défis : le projet, la stratégie et les rôles respectifs du parti et du candidat.

Dix questions pour un congrès, par François Hollande...

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Existe-t-il une seule « réforme » des retraites ?

Tribune de Liêm Hoang Ngoc
Un certain discours répand l’idée selon laquelle la panne de croissance est en partie due, en France, à la faiblesse du taux d’emploi, particulièrement chez les seniors. L’économie ne peut pas produire plus parce que nos vieux, entre autres, préfèrent l’inactivité, explique-t-on. Le financement des retraites pèse alors sur les « charges » des entreprises et réduit leur compétitivité. Pour cette opinion dominante, il faut donc réformer les retraites, inciter les vieux à travailler, allonger la durée de cotisation et réduire les taux de remplacement pour éviter d’augmenter les cotisations patronales, développer les retraites par capitalisation ! Dans la perspective du rendez-vous de 2008 prévu par la loi Fillon de 2003, la Commission de Garantie des Retraites recommande ainsi l’allongement de la durée de cotisation à 41, voire 42 ans pour le régime général. Le MEDEF préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Ces incantations à l’allongement du taux d’activité des seniors sont pourtant largement illusoires. Le taux d’emploi des seniors plafonne à 37,8 %, loin de l’objectif des 50 % en 2010 fixé par la stratégie de Lisbonne. Il est particulièrement faible en France non pas parce que les salariés ne veulent pas travailler, mais parce que les entreprises font partir plus tôt leurs seniors, dont la productivité est réputée décroissante pour un coût salarial croissant (les salaires de fin de carrière étant plus élevés). 470 000 inactifs sont ainsi en préretraites, cessation anticipée d’activité ou dispense de recherche d’emploi. Dans le secteur privé, l’âge moyen de départ à la retraite est restée à 58,9 ans (la durée moyenne de cotisation est toujours de 37 ans !), malgré la réforme Balladur de 1993, car les entreprises remercient aussi leurs seniors pour réduire leurs coûts salariaux. Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un nombre croissant d’agents âgés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de l’application d’une décote par annuité manquante. L’obligation de cotiser plus longtemps aura pour conséquence l’augmentation du nombre de personnes ne touchant pas une retraite à taux plein. En prévision, le gouvernement pouvait-il retarder la revalorisation de 25% du minimum vieillesse dont le pouvoir d’achat n’a cessé de se dégrader ?

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