Razzy Hammadi : La sincérité du scrutin est mise en cause

Dans un entretien à l'excellent journal en ligne d’information généraliste Médiapart, Razzy Hammadi interrogé par Stéphane Allies, analyse le déroulement du congrès et la gestion de la crise financière par Nicolas Sarkozy. L'ancien président du MJS à l'origine du mouvement anti CPE revient également sur le nécessaire renouveau idéologique du PS et sur la candidature de Benoit Hamon au poste de premier secrétaire...

Quel sentiment vous inspire les débats internes d’avant congrès, depuis le dépôt des motions ?

La première chose qui nous marque, c’est l’atonie flagrante des débats. On n’entend aucune idée neuve de la part de la part des trois motions (Royal, Aubry et Delanoë) issues de la majorité des derniers congrès. Cette majorité qui n’a eu aucune capacité d’anticipation face à la crise financière et qui a aujourd’hui une capacité de réaction proche de zéro face à la crise sociale. Face à cela, nous sentons une dynamique certaine autour de nos propositions, et nous apparaissons les plus crédibles dans les débats.

Comment expliquez-vous le peu d’enthousiasme suscité autour de ce congrès ?

Les militants ne voient pas très bien les différences entre les trois motions sortantes. Et n’adhèrent pas aux arguments d’autorité des partisans de Bertrand Delanoë, ni aux alliances de personnes auparavant en désaccords autour de Martine Aubry. Ni enfin à l’alliage aux cohérences diverses qui soutient Ségolène Royal, qui ne semble pas penser la même chose que Manuel Valls ou Gérard Collomb. Ce n’est pas très sérieux au regard de la situation dramatique que vivent nos concitoyens.

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Le capitalisme est en train de s'autodétruire

L'agité du bocal était au parlerment européen la semaine dernière. L'agité du buccal affirmait solennellement que l'origine de la crise c'est la faillite de la banque Lehman Brothers. L'agité du bancal est à remettre sur ses pieds. Gouverner c'est prévoir. Cette crise n'est pas apparu ex nihillo.

Ecrire, c'est prévoir. Il y a 18 mois, j'ai lu ce livre de Patrick Artus : Le capitalisme est en train de s'autodétruire. Une véritable chronique de la catastrophe annoncée 3 ans à l'avance. Hallucinant de prévoyance !

Patrick Artus n'est pas un gauchiste : professeur à l'école polytechnique, directeur des études chez Natexis. Livre écrit en 2005.

Le livre démarre sur la fameuse caissière de Carrefour qui avait vu son PDG (Mr.Daniel BERNARD ) partir avec un parachute doré de 9,39 millions d'euros et une retraite supplémentaire de 40% de son ancien salaire, soit une provision au bilan de Carrefour de 29 millions d'euros.

Puis il analyse ce capitalisme qui marche sur la tête.

- Mondialisation : usine à profits et bas salaire en occident.

- Croissance faible pour les pays qui ont un partage capital/travail aux détriments des salariés.

- Les risques cachés de la course aux profits (subprimes,hedge fund etc....)

- Une quête desepérée du rendement par l'obligation faite d'obtenir 15% de retour sur investisement dans les entreprises alors que la croissance économique n'est en moyenne que de 2,5%.

- Une réglementation qui entretient les dérives de gestion.

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Ceci n'est pas une crise financière !

Par Pierre Larrouturou, délégué national Europe du PS, auteur du « Livre noir du libéralisme » (Le Rocher). On en est là après trente ans de productivité mal gérée. La part de salaire a baissé, la dette a augmenté. C'est une crise sociale.

A lire ici sur Marianne.

Pierre Larrouturou explique notamment que la diminution de la part des salaires dans le PIB a diminué de 11% à cause du chômage de masse et annonce l'initiative de Nouvelle Gauche de réunir l'ensemble des socialistes européens pour travailler avec quelques prix Nobel d'économie sur les nouvelles régulations nécessaires à mettre en oeuvre.

Pour signer cet appel cliquer ici

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Crise du capitalisme : l'économie réelle est touchée

C'est un des gros titres des journaux aujourd'hui, un record depuis 11 ans : les faillites d'entreprises en France ont augmenté de 17% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent avec 11,407 procédures. Sur neuf mois, le nombre total de faillites se monte à 40,220.

Hormis l'agriculture, l’ensemble des secteurs d’activité sont dans le rouge au troisième trimestre.

Sur cette période, les défaillances progressent de 23% dans l'industrie, de 22% dans les services aux particuliers, de 13% dans le bâtiment, de 11% dans le commerce et explosent dans le transport (+49%). L'immobilier accuse une hausse des faillites de 55%, principalement dans les activités d’agences (+87%). (Libération)

De la même façon, mais sans risque de faillite heureusement, on apprenait il y a quelques jours que les collectivités locales sont aussi mal barées. Des villes, dont les services se sont fait plus ou moins enfumés ou du moins séduire par des banquiers qui cherchaient à tout prix à fourguer leurs coktails molotov financiers, voient leur dette risquer d'exploser sous le coup de conditions de prêts abusives.
Ce sont 5 milliards d'euro que l'Etat va devoir injecter, à rajouter aux 10 milliards dont les banques se sont déjà rempli la panse, puisque c'est chez elle que ça va finir.

Et ce n'est probablement qu'un début, comme l'explique un analyste (Rue89)

« La tentation d'un certain nombre d'établissements bancaires était de graver dans le marbre des conditions de prêt aujourd'hui très dégradées, c'est sur ce point qu'il faudra être vigilant. »


Et il faudrait que l'on accepte que les règles ne changent pas ? Sauver le système bancaire est inéluctable, mais l'on ne peut accepter que certains se goinfrent encore d'argent public d'un côté, en refusant de le payer d'autre part.

Heureusement, sous l'impulsion d'élus volontaires justice peut être faite : à Toulouse, il y a 3 semaines, les juges ont prononcé l’annulation <d'un contrat> au motif que <les banques concernées> auraient manqué à leurs obligations de conseil relatives aux instruments spéculatifs (Rue89).

Les socialistes, qui contrôlent un grand nombre de collectivités locales, devraient faire pression pour demander des comptes aux banques et exiger que des conditions d'emprunt dignes de ce nom soient rétablies.

Benoit Hamon plaide pour un nouveau réalisme économique de gauche

Tout à coup, tout irait mieux. Il aurait suffi d’un plan de sauvetage, d’un Président en état de grâce, d’une Europe rassemblée pour stopper la crise et ramener le soleil. Les bourses reprennent de la vigueur, les traders sortent de leur courte déprime, les banques ont réussi à obtenir l’assurance de pouvoir socialiser leurs pertes colossales…

Depuis dimanche, nous serions donc sortis de ce que le nouveau Prix Nobel d’économie qualifie au diapason des économistes les plus sérieux, de début d’un « méchant cycle de récession ». Les bourses, les traders, les banques retrouvent le sourire…

Derrière ce triomphe, il y a le sort de millions d’hommes et de femmes, nus devant la crise, impuissant à renégocier les échéances de leurs dettes, impuissants à endiguer la dégradation de leur pouvoir d’achat, de leurs conditions de travail, de leurs conditions de vie tout simplement, il y a des millions d’hommes et de femmes qui s’apprêtent à recevoir une lettre de licenciement pour cause de délocalisation ou de cessation pure et simple d’activité.

Dans un élan de solidarité sans précédent, les nations du monde au prix d’un gigantesque effort financier, se sont portés au secours du système financier mondial sans que l’on sache aujourd’hui si l’appétit gargantuesque des marchés sera assouvi par l’engloutissement de milliards des dollars et d’euros. Les piliers du temple seraient à nouveau solides. Et les marchands pourraient y reprendre tranquillement leurs emplettes. Comme avant, sans remord, sans souvenir ni leçon du séisme de la veille.

Nous savons pourtant que :

Politiquement, absolument rien n’a changé dans la gouvernance de l’économie mondiale, les acteurs financiers ont simplement trouvé un mécanisme de réassurance, lui-même branché sur les marchés financiers – il y a donc une logique de cercle vicieux si ce n’est une belle arnaque.

Economiquement, des secteurs entiers peuvent être décimés dans les prochaines années, et des centaines de millions d’épargnants sont potentiellement concernés.

Socialement, les conséquences de la crise seront implacables pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le marché du logement, l’accès au crédit, les systèmes de retraite par capitalisation… Où sont passés les défenseurs de droite et de gauche des fonds de pensions ?

Moralement enfin, plusieurs milliards de dollars ont été trouvés en quelques jours pour préserver le système financier, quand les Nations Unies consacrent 80 mds de dollars seulement par an aux objectifs du Millénaire de lutte contre la pauvreté.

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