Présidence française de l'Union Européenne, les dégats commencent
Par Hervé, jeudi 18 septembre 2008 à 15:22 :: Environnement :: #446
Extraits d'un article de Libération.
En proposant demain au groupe de travail ad hoc un projet de directive-cadre sur le sols qui n'a plus aucune des ambitions de santé publique et d'environnement du texte élaboré par la Commission européenne, Paris choisit de l'enterrer.
La proposition de texte que la France, présidente de l'Union européenne, va soumettre demain au groupe de travail qui se réunit à Bruxelles, et que Libération s'est procurée, est un texte vidé de sa substance et de son ambition initiales. Les Etats-membres y sont délivrés de toute contrainte, et leurs éventuelles actions en matière d'identification et de remise en état des sols pollués ou dégradés sont désormais laissées... à leur bonne volonté.
«la version que la France a préparée depuis qu’elle a pris la présidence de l’Union européenne à l’été 2008, a perdu toute ambition ! C'est devenu un texte flou, on est passé du contraignant à l'optionnel. Par exemple, là où il était écrit: "Les Etats ont obligation de…"», le texte dit maintenant: "S’ils le jugent opportun, les Etats…"»
A Bruxelles, on confie que si Angela Merkel est en proie au lobbying intensif des agriculteurs allemands qui ne veulent pas entendre parler de contrainte européenne sur leurs terres, Paris est clairement lui soumis au lobbying du Medef.
Ainsi, lors du Grenelle de l’environnement, la question de la protection des sols et notamment le dossier des sites potentiellement contaminés ont été parmi les grands absents des groupes de travail. «C’est un dossier bien trop explosif en France», analyse Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement.
En effet, selon le Bureau de recherches géologique et minières (BRGM), on recense en France environ 300.000 sites pollués. On imagine aisément l’ampleur de l’impact économique, pour les industriels, de l’application de la directive sur les sols…


Information niçoise