Déforestation en Haïti

Source: mensuel Martiniquais "asé pléré annou lite" N°250 décembre 2004

"On a beaucoup répété que les glissements de terrain et les inondations en Haïti sont largement liés au fait que les forêts ont pratiquement disparu (près de 2000 morts en septembre 2004). De fait, la couverture forestière est passée de 20% au début des années 60 à moins de 2% aujourd’hui. Beaucoup se plaisent, là encore, à culpabiliser le peuple haitien. La triste réalité est que la population, qui vit dans la pauvreté que l’on sait, ne peut avoir accès qu’au charbon de bois, comme source d’énergie. (72% des besoins sont couverts par ce biais). Mais, assez curieusement, ceux qui donnent des lecons condescentantes d’écologie à des démunis qui se battent pour survivre, n’évoquent jamais la responsabilité de l’impérialisme dans la déforestation. Joseph RONEY, haitien résidant en Belgique, indiquait, par exemple, dans une interview accordé à l’hebdomadaire "Solidaire" que: La plus grande forêt en Haiti a été dévastée au début des années 60 pour le compte d’une société privée qui était la propriété des dignitaires du régime parmi lesquels l’épouse du fameux dictateur Duvalier. Il s’agit de la forêt des pins qui se situait au sud de Port-au-Prince. On a coupé tous les arbres de cette forêt au profit des sociétés américaines qui fabriquaient de l’huile de résine destinée à l’aéronautique. Ceci dit, il faut insister sur le fait que la déforestation n’est ni une fatalité ni irrémédiable. On sait que dans de nombreux pays, des gouvernements ont pu impulser des politiques efficaces de reboisement . Pour ne citer qu’un exemple dans la région, on pense à la production massive d’arbres à croissance rapide destinés à l’exploitation industrielle à Cuba et à la campagne qui a lieu cette année à la Havane pour planter deux millions cinq cent milles arbres. Cette question de la déforestation est également utilisée à des fins de désinformation, afin d’escamoter les autres problèmes liés à l’agriculture et à l’absence de politique de remédiation. A tel point que l’opinion extérieure ignore généralement qu’il existe une forte production et même des exportations dans le secteur agricole haitien. Au delà de la question des forêts, Haiti dispose de potentialités qui permettraient de reconstruire l’équilibre écologique. Robert Philomé, journaliste haitien, notait dans un article de la revue " Volcan No 56"que : "Malgré l’état de délabrement de l’environnement en Haiti, le pays abrite une richesse biologique et écologique exceptionnelle. Des broussailles semi-désertiques aux forêts nébuleuses en passant par les mangraves, les récifs corraliens, les lacs, les étangs, zones humides et autres rivières, tout concourt à faire de cet espace un véritable paradis. Selon le ministère de l’agriculture, la flore naturelle haitienne compte plus de 5000 espèces de plantes vasculaires, 30% des espèces végétales et plus de 2000 espèces animales sont endémiques à l’ile d’ Haiti."

Blog Action Day

Aujourd'hui, c'est le "Blog Action Day", organisé par un groupe qui a lancé cette très bonne idée il y a quelques mois sur Internet : que le 15 octobre, le plus grand nombre de blogs fasse un billet sur l'environnement.

Evidemment, ça n'a qu'une faible utilité (et même, il vaut mieux oublier la consommation électrique des ordinateurs et serveurs d'Internet ...) autre que souligner l'urgence d'agir. Mais bon, c'est déjà beaucoup.

L'urgence de nouvelles réponses, c'était d'ailleurs le titre d'un débat organisé aux rencontres de la refondation du NPS de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli où une grosse délégation de la section était présente ce week-end. Yann animait ce débat où intervenaient notamment Denis Baupin, adjoint à l'environnement Vert à la mairie de Paris, Antoine Détourné, secrétaire national du MJS, et, Germinal Peiro, secrétaire national du parti socialiste à l'agriculture et, dit-on, cousin de notre Natura préférée.
Ce débat était riche et très intéressant quoique, comme toujours dans ce domaine, trop court et nécessairement parcellaire. Très vite vous trouverez en ligne la vidéo de l'introduction de Yann et quelques pistes qui sont sortis de cet atelier.

L'environnement est aujourd'hui une cause que tout le monde considère comme importante, après des années où elle était reléguée à l'état "d'important mais pas trop" à gauche, et de fantaisiste à droite. C'est même, au niveau international, reconnu comme un enjeu crucial de la paix dans le monde au vu du prix Nobel de la Paix décerné à Al Gore et au GIEC ces derniers jours.

Mais il ne faut pas tomber dans le piège béant qui voudrait que l'environnement et le développement durable ne soit pas un enjeu politique et idéologique. C'est une cause d'intérêt général, mais la droite, notamment la droite libérale incarnée par Sarkozy et, localement Estrosi, est structurellement, idéologiquement incapable d'apporter des réponses satisfaisantes dans ce domaine. La raison en est simple : l'environnement nécessite une régulation et une remise en cause profonde de nos modes de production industrielle, de nos modes de transports et donc de la place centrale du lobby pétrolier, et de la financiarisation du capitalisme.
La stratégie assumée et mise en place par la Droite d'organiser l'économie française, européenne et mondiale autour d'une politique uniquement de l'offre, c'est à dire de réduction des coûts de production, est fondamentalement contradictoire avec la préservation de nos ressources et, quelque soit le mécanisme incitatif mis en place (comme la bourse carbone par exemple) il sera voué à l'échec.

La gauche a cette immense responsabilité du combat idéologique contre la droite, et elle ne peut se résoudre à abdiquer ses valeurs fondamentales au motif que des experts pas si indépendants diraient que nos succès électoraux en dépendent. Nos succès électoraux ne dépendent que de notre capacité à construire des victoires politiques, c'est à dire des victoires idéologiques, culturelles qui se traduiront ensuite mécaniquement dans les scrutins.

  • Un nouveau site d'intérêt niçois Le site "''Pour des pistes cyclables du Nord au Sud de Nice''" porte un combat essentiel que nous avons souvent évoqué sur ce blog, à savoir le nécessaire développement d'infrastructures permettant de rouler sereinement à vélo dans Nice. Sur ce point la municipalité est coupable de néglicences et de désinvoltures chroniques. Longue vie donc à cette très bonne initiative.

LE GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT ET LE RETARD FRANÇAIS

Le retard Français en matière d'environnement est pointé dans un article d'Alternative Economique du mois d'octobre, alors que le gouvernement prépare son Grenelle de l'environnement.

En effet, comparée aux autres pays européens, la France apparaît très mal placée, que ce soit dans le domaine de l'énergie, de l'urbanisme ou de l'agriculture.

En matière de politique énergétique, le choix Français du tout nucléaire dans les années 70 a permis de limiter les émissions de gaz à effet de serre. En revanche ce choix a joué un rôle majeur dans le retard pris en matière d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables.

Aujourd'hui, un logement français consomme en moyenne davantage d'énergie qu'un logement danois, malgré la différence de climat !

Par ailleurs, la France est le seul pays, où la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d'énergie a baissé entre 1990 et 2004.

Dans le domaine de l'urbanisme, deux caractéristiques principales spécifiquement Françaises sont particulièrement désastreuses pour l'environnement :

  • L'étalement urbain : les Français consomment deux fois plus d'espace que les italiens ou les espagnols
  • Le développement des centres commerciaux en périphérie des villes.

Elles ont pour conséquence le recours accru à la voiture individuelle et son omniprésence.

En matière de politique agricole, le choix d'un modèle de production intensive a fait de la France, le champion de l'usage de pesticides et de produits chimiques, avec ses conséquences en terme de pollutions des nappes phréatiques, parallèlement à leur assèchement progressif. Aujourd'hui, les teneurs en nitrates des nappes phréatiques de la Bretagne excèdent constamment les limites autorisées par l'UE.

Les excès de l'usage de produits chimiques combinés aux émissions de dioxines d'usines d'incinérations de déchets et de métaux lourds, qui sont émis en plus grande quantité que chez nos voisins, sont à rapprocher d'une autre spécificité française : le nombre élevé de cancers. Même si le lien cancer – environnement est difficile à établir.

On observe malgré tout quelques avancées notamment en matière d'émission de dioxines et de consommation de carburant des voitures neuves, mais l'essentiel est fait sous la pression de directives européennes. La Commission a même utilisé à plusieurs reprises la menace de sanctions lourdes pour obliger la France à appliquer les décisions prises au niveau communautaire.

C'est sur les bases de ce tableau sombre que va se tenir le Grenelle de l'Environnement, qui rassemblera représentant de l'Etat, Collectivités locales, industriels, syndicalistes, responsables d'ONG, pour tenter de redéfinir de façon négociée les politiques publiques en matière d'écologie.

La tache s'annonce délicate tant les comportements des individus, même au plus haut niveau de responsabilité sont incompréhensibles. On se souvient du voyage entrepris en avion en septembre dernier par JL BORLOO, ministre de l'écologie et du développement durable. Il a effectué ce voyage aérien accompagné de 40 parlementaires, climatologues et journalistes jusqu'au fjord d'Ilulissat au Groënland pour observer et prendre la mesure du réchauffement climatique. Le coût de cette prise de conscience a coûté à notre planète l'émission de 65 tonnes de CO² supplémentaires émises dans l'atmosphère !

On espère que ce Grenelle de l'environnement, qui relève d'une promesse électorale de M. Sarkozy sous la pression d'organisation en faveur de l'écologie, ne s'arrêtera pas à un nouveau diagnostic de l'état de l'environnement et à la mise en œuvre de quelques mesures éparpillées car l'enjeu pour nous est considérable.

Il s'agit de reconstruire complètement les bases de notre développement économique, mais également d'assurer la cohérence des choix politiques. Une des mesures préconisées est la limitation de la vitesse des voitures, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Pour être cohérent, il faudra alors arrêter de construire des autoroutes et de produire des voitures qui roulent toujours plus vite. La question environnementale ne doit pas être cantonnée au sein d'un ministère de l'écologie, mais être au centre d'un nouveau modèle de développement économique et social.

Sur la Côte d'Azur, la mer en guise d'égout

Je vous livre ici quelques extraits d'un excellent article du Figaro (pour que le Figaro ait pris la peine d'enquêter d'une manière aussi critique dans notre beau département c'est que nous avons réellement de quoi nous inquiéter....) ! (Source Le Figaro mercredi 20 juin 2007. Article de Marielle COURT)

"Plusieurs communes dont Saint Jean Cap Ferrat, Roquebrune Cap Martin ou Villefranche sur Mer déversent sans traitement préalable leurs eaux usées à quelques encablures du bord de mer. Depuis des années, c'est strictement interdit par la loi. Mais c'est ainsi, le résultat combiné d'un certain laxisme des autorités de l'Etat et d'une totale désinvolture des élus. Un cas extrême, voire unique sur le littoral, qui illustre le retard pris par la France. Sur le seul bassin Rhône/Méditerranée, autrement dit de Perpignan à Menton en remontant jusqu'à Dijon, 56 stations d'épurations ne sont pas aux normes européennes. Or, 22 sont en PACA, dont 19 sur le littoral!" (... lire la suite ...)

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Le transport routier, catastrophe écologique et économique

Trouvé au hasard de balades numériques, un reportage donne quelques arguments peu employés contre le transport routier. Sur le site TV Link Europe vous pourrez trouver un résumé et le script du reportage.

On dit souvent que le transport routier de marchandise est bien moins respectueux de l'environnement que le transport ferroviaire, fluvial ou maritime. C'est une réalité et la survie de notre planète a beau être un sujet qui devient majeur dans toutes les têtes, la dynamique n'est pas à un comportement plus éco-compatible : en 2010 le nombre de camion sur les routes devrait avoir augmenté de 50% par rapport au niveau de 1998 ! Il faut dire que 44% des marchandises sont transportées par la route.

Ce qu'on dit moins souvent, c'est la logique économique voudrait elle aussi qu'on intervienne pour réduire ce mode de transport.
Il y a bien sûr le carburant qui flambe et augmente les coûts du transport routier, mais ça n'est pas la bonne raison car il ne représente actuellement que 5% du prix des marchandises. Par ailleurs, le mode même de gestion de la production, fondée sur les flux et non sur les stocks, incite les industriels à opter pour des transports rapides et flexibles comme le camion, même s'il est plus cher, pour économiser sur des coûts d'infrastructure (gestion des stocks) et exploiter la mondialisation : les délocalisations économiques induisent une production distribuée sur plusieurs sites géographiquement très distants pour optimiser les coûts de main d'oeuvre et la fiscalité.
Il ne faut donc pas s'attendre à un effet de marché pour changer cet état de fait, l'intervention politique et la régulation publiques sont nécessaires.

Plus que nécessaire, elle est économiquement légitime. Deux exemples frappants.

  • Chaque jour plus de 10% du réseau routier européen est bloqué par les embouteillages, principalement à cause d'une saturation en camions. Cela représente un coût de 0,5% du PIB européen ! Si on laisse ce secteur se développer naturellement, ce sera 1% du PIB en 2010.
  • Les transporteurs routiers ne paient pas le coût réel de leur utilisation des infrastructures routières. En effet, la dégradation des routes produites par un véhicule est proportionnelle à son poids élevé à la puissance 4 (désolé pour les maths). De manière plus imagée, le passage d'un seul camion use autant la route que 100 000 voitures ! Le montant des péages payés par les camions sur les autoroutes ne correspond en rien à cette constatation, les impôts locaux des entreprises de transports payés aux collectivités qui entretiennent les routes non plus. Ce sont donc les citoyens qui supportent le surcoût du transport routier dans leurs taxes (mais aussi dans le coût économique et social des délocalisations, dans le surcoût des marchandises dû à une production distribuée géographiquement, etc.).


Il est donc légitime, économiquement efficace, et environnementalement nécessaire d'agir pour revenir à un mode de gestion impliquant moins de transport, mais ce ne pourra se faire sans intervention publique.
Pourquoi ne pas commencer, par exemple, à taxer le transport routier en fonction de la distance à parcourrir et du poids des engins ? Pollueurs et destructeurs, camion et 4x4 n'auraient qu'à bien se tenir...