Grâce à Sabine, nous vous livrons un compte rendu du débat de section de la semaine dernière sur des éléments d'une politique culturelle de gauche à Nice.
Ce débat est important , la culture est un élément majeur du clivage entre les politiques de droite et le socialisme municipal : l'idée d'une identité culturelle collective, ouverte et accueillante. La culture est essentielle au vivre ensemble, au fait de bien vivre, et au sentiment d'appartenance à un collectif solidaire.
La culture est en outre un facteur de dynamisme et d'attractivité pour une ville. C'est également un facteur d'émancipation, de création et d'expression de la population.
Aujourd'hui, l'image de Nice est celle d'une ville touristique haut de gamme et d'une station balnéaire de luxe. Il existe pourtant une vie culturelle riche, mais éparpillée, désorganisée et peu mise en valeur.
Il est donc nécessaire de s'intéresser au développement de la vie culturelle de Nice et à son rayonnement. C'est un enjeu en terme d'image de la ville et de son développement économique (notamment via le tourisme). C'est également un enjeu pour la population locale qui doit pouvoir avoir accès à la culture et participer à la vie culturelle de Nice.
Une politique culturelle doit à la fois promouvoir :
- La culture "star" c'est-à-dire des événements culturels de portée nationale et internationale. Il existe actuellement le carnaval, le festival de jazz …
- La culture locale qui comprend non seulement la culture historique (liée à l'histoire de Nice) mais également la création moderne
La municipalité de droite n'a fait que développer une culture élitiste et d'apparat.
Le carnaval de Nice a perdu toute son âme et n'attire que des touristes de l'extérieur. La population locale en profite le plus souvent pour fuir la ville à cette période. Il conviendrait plutôt de réinventer un carnaval qui soit un véritable évènement festif pour les Niçois et pour tous ceux qui veulent participer à cette fête.
Par ailleurs, 60% du budget culturel de la ville est consacré à son opéra. Il n'est pas question de remettre en cause l'intérêt de disposer d'un opéra digne de la 5ème ville de France mais de mettre en évidence le peu de moyen pour le reste des activités culturelles.
La culture locale et ses spécificités sont à promouvoir. Il est nécessaire d'encourager la créativité et de favoriser l'accès à la culture sous toutes ses formes.
Mais cette culture locale doit être en opposition avec la conception qu'ont les identitaires. Il ne s'agit pas de développer une culture renfermée et excluante mais au contraire une culture pouvant se baser sur l'histoire de Nice et ses richesses et ouverte sur l'extérieur et la diversité des rencontres.
C'est en cela que Nice pourra développer une image positive dont seront fiers ses habitants.
La politique culturelle de Nice présente actuellement de nombreuses lacunes :
- En matière de cinéma, les tarifs sont tels qu'ils sont hors de portée de certaines populations et notamment des jeunes. La seule salle d'art et d'essai va fermer. Même si elle semble être reprise pour continuer son activité, il semble incroyable pour une grande ville de disposer d'une si faible diversité d'offre de films en salle. Des passeports culturels pourraient être créés donnant un accès à tarif préférentiels aux salles de cinéma, théâtres, salles de spectacles.
- Concernant les bibliothèques, les heures d'ouverture ne sont pas adaptées à la demande. Elles ferment pour la plupart à 18h30 et ne sont pas toutes ouvertes le samedi. Elles sont pourtant un cadre propice au travail des scolaires et des étudiants qui, pour certains, peuvent difficilement travailler chez eux.
- Les musées sont très peu fréquentés. Même s'ils sont gratuits certains dimanche, cela ne suffit pas pour attirer des visiteurs. Faut-il développer la gratuité ou pratiquer des tarifs préférentiels pour certaines catégories, plus attractifs ? La solution semble plutôt se trouver à travers l'éducation. Il est nécessaire de développer les programmes culturels à l'école primaire, à travers des visites dans les musées et d'autres lieux de culture (théâtres, opéra, concerts …).
- Par ailleurs, il n'existe pas de festival de théâtre de rue. Ce type d'événement qui se déroule sur plusieurs jours à l'avantage d'attirer toutes les tranches d'âges qui se retrouvent pour une fête populaire dans toute la ville. Les spectacles sont gratuits et attirent de nombreuses personnes, population locale et touristes, ce qui entraîne des retombées sur l'économie locale.
- On note également la difficulté d'associations d'étudiants pour mettre en place une radio associative. Elle n'existe pas encore aujourd'hui.
- Enfin, il pourrait être intéressant de développer la culture numérique et la culture scientifique.
En matière d'offre culturelle, de nombreuses initiatives existent. Les associations sont nombreuses et créatives mais elles sont disséminées dans toute la ville, si bien qu'il est difficile de connaître les manifestations, spectacles, débats qui sont organisés un peu partout.
Ces initiatives pourraient être relayées par la municipalité grâce à un site internet créé à cet effet.
La question du budget consacré à la culture est abordée. Une politique culturelle ambitieuse a un coût. Les évènements culturels d'ampleurs sont essentiels pour l'image de la ville et le développement touristique et doivent être développés, de même que des actions plus locales doivent être encouragées. Pour mettre en œuvre le projet culturel de la ville, il est indispensable que les niçois participent à son élaboration. Une sorte de grand forum associant le plus grand nombre d'acteurs devra être organisé pour débattre du projet culturel. A l'issue de ces rencontres, une synthèse pourra être réalisée afin de mettre en place une politique culturelle qui réponde aux attentes des niçois.